Homicide involontaire avec circonstances aggravante
HOMICIDE
INVOLONTAIRE
AVOCAT AUTOMOBILE
- AVOCAT PERMIS
AVOCAT- HOMICIDE
INVOLONTAIRE ...
LA RÈGLE :
Tout conducteur d'une voiture, qui, lors d'un
accident, cause à autrui, par maladresse,
imprudence, négligence, manquement à une obligation
de sécurité, une blessure involontaire entraînant la
mort, commet une infraction.
Il
s'agit d'un homicide involontaire.
Lorsque la maladresse, l'imprudence,
l'inattention, la négligence ou le manquement à une
obligation législative ou réglementaire de sécurité
ou de prudence prévu par l'article 221-6 est commis
par le conducteur d'un véhicule terrestre à moteur,
l'homicide involontaire est puni de cinq ans
d'emprisonnement et de 75 000 Euros d'amende.
Les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement
et à 100 000 Euros d'amende lorsque :
1° Le conducteur a commis une violation
manifestement délibérée d'une obligation
particulière de sécurité ou de prudence prévue par
la loi ou le règlement autre que celles mentionnées
ci-après ;
2° Le conducteur se trouvait en état d'ivresse
manifeste ou était sous l'empire d'un état
alcoolique caractérisé par une concentration
d'alcool dans le sang ou dans l'air expiré égale ou
supérieure aux taux fixés par les dispositions
législatives ou réglementaires du code de la route,
ou a refusé de se soumettre aux vérifications
prévues par ce code et destinées à établir
l'existence d'un état alcoolique ;
3° Il résulte d'une analyse sanguine que le
conducteur avait fait usage de substances ou de
plantes classées comme stupéfiants, ou a refusé de
se soumettre aux vérifications prévues par le code
de la route destinées à établir s'il conduisait en
ayant fait usage de stupéfiants ;
4° Le conducteur n'était pas titulaire du permis de
conduire exigé par la loi ou le règlement ou son
permis avait été annulé, invalidé, suspendu ou
retenu ;
5° Le conducteur a commis un dépassement de la
vitesse maximale autorisée égal ou supérieur à 50
km/h ;
6° Le conducteur, sachant qu'il vient de causer ou
d'occasionner un accident, ne s'est pas arrêté et a
tenté ainsi d'échapper à la responsabilité pénale ou
civile qu'il peut encourir.
Les peines sont portées à dix ans d'emprisonnement
et à 150 000 Euros d'amende lorsque l'homicide
involontaire a été commis avec deux ou plus des
circonstances mentionnées aux 1° et suivants du
présent article.
Quelles
sanctions ?
LES SANCTIONS ENCOURUES :
Le prévenu risque jusqu'à 5 ans d'emprisonnement
et 75.000 euros d'amende.
Si une circonstance aggravante est présente
(alcool, stupéfiant, défaut de permis, délit de
fuite...) la sanction maximale passe à 7 ans
d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende.
En cas de deux circonstances aggravantes :
10 ans et 150.000 euros
En cas de RELAXE du prévenu le tribunal
pourra condamner civilement le prévenu (dommages et
intérêts)
bien sûr, des peines complémentaires sont également
prévues : suspension, annulation ou interdiction de
délivrance du permis pouvant aller jusqu'à 5 ans!
***
Un travail d'intérêt général, des jours-amendes ou
la confiscation du véhicule peuvent être prononcés à
la place de l'emprisonnement ou de l'amende.
LES MESURES
D'URGENCE :
Dans cette situation, rapprochez vous d'urgence d'un
avocat spécialisé qui saura prendre rapidement les
décisions nécessaires à la défense de vos intérêts
(suivi médical, documents à présenter, déclarations
aux assurances...).
LES CONSEQUENCES EN MATIERE D'ASSURANCE :
Si le prévenu était dans le cadre de ses fonctions,
c'est à dire conduisait un véhicule appartenant à la
société employeur, c'est l'assurance de l'employeur
qui prendra en charge les dommages et intérêts
réclamés par les parties civiles et surtout octroyés
par le juge à l'audience.
HISTOIRE, D'UN HOMICIDE
INVOLONTAIRE,
D'UNE AUDIENCE...
Dans son tailleur noir, Séverine s'accroche à la
barre en tremblant. Cette femme de 36 ans
comparaissait hier devant le tribunal correctionnel
de CRETEIL pour homicide involontaire.
Le 18 juin 2007 à
17h30, , Bertrand XXX, motard de 24 ans au guidon
d'une Suzuki 750, s'est écrasé sur l'avant droit de
sa Peugeot 307 alors qu'elle effectuait une manœuvre
pour traverser la chaussée.
Le souvenir que Séverine garde de cet instant est très précis: «J'avais
marqué l'arrêt et j'ai attendu plusieurs minutes
parce qu'il y avait beaucoup de circulation. Je me
suis élancée parce que je ne voyais plus de
véhicules. Je n'ai rien vu arriver et j'ai été
arrêté par un choc. Chaque matin quand je me
réveille je pense à lui.»
Dans la salle d'audience, il y avait de nombreux
amis du jeune motard qui est mort dans les minutes
qui ont suivi le choc très violent. Il y avait
également Delphine, sa concubine, encore submergée
par l'émotion. Elle n'a eu le droit à aucune
indemnisation des assurances. Elle n'était que sa
compagne et elle est venue demander 20.000 euro; en
réparation d'un préjudice qu'aucune expertise ne
saurait mesurer: «Nous étions ensemble depuis trois
ans. J'avais abandonné ma vie à La Rochelle pour
m'installer avec lui.»
Comme à chaque fois dans ce genre de procès, la
douleur d'une famille, des proches se heurte à
l'examen technique de faits et à leur transcription
en droit. Le président ne s'habitue pas à «ces
drames qui charrient des faits aussi douloureux que
brutaux.»
Hier la seule question à la quelle devait répondre
le tribunal est de savoir si la manœuvre de la
conductrice est un élément constitutif de l'accident
et donc de la mort du motard. Le substitut du
procureur, a tranché: «L'accident s'explique par
deux choses cumulatives : la première c'est que
Bertrand XXX roulait trop vite - l'expert a estimé
sa vitesse à 105 km/h -, et la seconde c'est la
manœuvre trop lente de la conductrice.» Pour lui,
cette «maladresse» est un élément qui a provoqué
l'accident. Il a requis l'annulation du permis de
Séverine et l'impossibilité pour elle de le repasser
avant cinq ans: «Elle ne doit plus conduire.»
Dans sa plaidoirie, Me XXX, avocat de Séverine, a
demandé la relaxe. Il a listé les éléments qui selon
lui ont concouru à provoquer l'accident sans que sa
cliente n'y puisse rien: «La vitesse, le fait que le
motard était en train de dépasser une voiture et une
moto et qu'il n'était pas vigilant parce qu'il a
fait un signe à l'autre moto. Il ne pouvait pas
éviter la voiture. Cet accident ne pourrait plus
arriver aujourd'hui». L'endroit a été aménagé et il
n'est plus possible de tourner à gauche à cet
endroit du boulevard. Un radar est même prévu à cet
endroit pour les prochaines semaines.