Accident de vélo avec blessures : que faire, et dans quel ordre ?
Vous venez d’être renversé à vélo. Vous avez mal. Vous ne savez pas ce que vous allez toucher, ni quand, ni comment.

En bref
Après un accident de vélo avec blessures, faites d’abord constater vos lésions par un médecin, le jour même si possible. Relevez l’immatriculation du véhicule, l’identité et l’assurance du conducteur, les coordonnées des témoins, et photographiez les lieux. Gardez le vélo et votre équipement en l’état. Ne signez rien avec l’assureur avant d’avoir fait évaluer vos préjudices : une transaction signée peut encore être dénoncée pendant quinze jours.
Que faire sur les lieux de l’accident ?
Votre santé passe avant le dossier. Si vous êtes blessé, appelez le 15 ou le 112 et laissez les secours vous examiner, même si la douleur vous paraît supportable. L’adrénaline masque souvent une fracture ou un traumatisme crânien pendant plusieurs heures. Demandez aussi l’intervention de la police ou de la gendarmerie : leurs constatations figureront dans un procès-verbal qui servira de base à votre indemnisation.
Si votre état le permet, ou par l’intermédiaire d’un proche, relevez la plaque d’immatriculation du véhicule, le nom du conducteur, le nom de son assureur et son numéro de contrat. Notez le nom et le téléphone des témoins avant qu’ils ne repartent. Un témoin qui n’a pas laissé ses coordonnées sur place se retrouve rarement par la suite.
Photographiez votre vélo, la position du véhicule, la chaussée, la signalisation et vos blessures visibles. Un constat amiable peut être rempli avec le conducteur s’il l’accepte et si la situation reste calme. Il n’est pas obligatoire pour faire valoir vos blessures, et vous ne devez jamais y reconnaître une faute que vous n’avez pas commise.
La loi applicable dépend de ce qui vous a heurté : véhicule à moteur, piéton, autre cycliste, ou chute sans tiers. Ces régimes sont expliqués sur notre page consacrée aux droits du cycliste victime d’un accident.
Ne vous résignez jamais.
Nous trouvons toujours des solutions
« Il existe des préjudices invisibles, donc systématiquement écartés par les médecins désignés par les assureurs » Michel Benezra, avocat associé
Quels documents médicaux obtenir dans les premiers jours ?
Le premier document à obtenir est le certificat médical initial, rédigé par le médecin des urgences ou par votre médecin traitant. Il décrit les lésions constatées et fixe, le cas échéant, une durée d’incapacité totale de travail. Une lésion qu’il ne mentionne pas devra ensuite être rattachée à l’accident par d’autres preuves, et l’assureur ne manquera pas de la contester. Signalez donc au médecin toutes vos douleurs, même celles qui vous semblent secondaires. Son rôle est détaillé dans notre fiche sur le certificat médical initial.
Demandez ensuite à l’hôpital la copie de votre dossier médical : compte rendu des urgences, imagerie, comptes rendus opératoires. L’article L. 1111-7 du code de la santé publique vous donne accès à ces pièces. Conservez aussi les ordonnances, les arrêts de travail et les comptes rendus de kinésithérapie. Ils seront indispensables lors de l’expertise médicale. La marche à suivre figure dans notre article sur la récupération du dossier médical.
Faut-il porter plainte ?
Une plainte n’est pas nécessaire pour être indemnisé par l’assureur du véhicule impliqué. Face à un véhicule à moteur, la loi Badinter ouvre votre droit à réparation sans que vous ayez à prouver une faute du conducteur.
Porter plainte garde un intérêt réel lorsque le conducteur avait bu ou consommé des stupéfiants, lorsque vos blessures sont graves, ou lorsque l’auteur a pris la fuite. La plainte vous permet de suivre l’enquête et, si des poursuites sont engagées, de vous constituer partie civile devant le tribunal correctionnel. Le procès-verbal des enquêteurs peut être obtenu, et contesté s’il contient une erreur. Voyez nos fiches faut-il porter plainte après un accident de la route et procès-verbal d’accident.
Que conserver pour prouver vos préjudices ?
Ne faites pas réparer votre vélo tout de suite et ne jetez rien. Le cadre tordu, le casque fendu, les vêtements déchirés montrent la violence du choc. Ils permettent aussi de chiffrer votre préjudice matériel. Photographiez-les et gardez les factures d’achat si vous les avez encore.
Gardez la trace de tout ce que l’accident vous coûte : pharmacie, transports vers les soins, dépassements d’honoraires, aide apportée par un proche à la maison. Rassemblez vos bulletins de salaire des mois précédant l’accident et votre dernier avis d’imposition, qui serviront à calculer votre perte de revenus. Si vous êtes indépendant, vos bilans comptables jouent ce rôle.
Tenez enfin un carnet. Notez-y au fil des semaines vos douleurs, les gestes devenus impossibles, les activités abandonnées, l’aide reçue de votre entourage. Au moment de l’expertise, plusieurs mois plus tard, ces notes datées pèsent plus lourd que des souvenirs.
Que répondre à l’assureur qui vous contacte ?
Dans les semaines qui suivent l’accident, l’assureur du véhicule impliqué prend généralement contact avec vous. Il vous adresse un questionnaire sur vos blessures et sur votre situation personnelle et professionnelle. Ce document oriente toute l’évaluation de vos préjudices : une séquelle oubliée ou une activité non mentionnée risque de ne jamais être indemnisée. Ne le renvoyez pas sans l’avoir fait relire.
L’assureur organise ensuite un examen médical. Le code des assurances l’oblige à vous prévenir au moins quinze jours à l’avance, en indiquant l’identité du médecin, la date et le lieu, et à vous informer que vous pouvez vous faire assister d’un médecin de votre choix (article R. 211-43). Le médecin qui vous examine est mandaté par l’assureur. Si vous vous présentez seul, l’évaluation de vos séquelles repose sur le seul médecin de la partie qui devra les payer.
N’acceptez aucune offre sans avoir fait vérifier chaque poste de préjudice. Si vous avez déjà signé une transaction, l’article L. 211-16 du code des assurances vous laisse quinze jours à compter de sa conclusion pour la dénoncer par lettre recommandée. Passé ce délai, l’accord devient en principe définitif. Les délais imposés à l’assureur sont détaillés sur notre page consacrée à l’offre d’indemnisation après un accident de la route.
Et si le conducteur a pris la fuite ?
Un délit de fuite ne vous prive pas d’indemnisation. Lorsque l’auteur de l’accident reste inconnu ou n’est pas assuré, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) prend en charge la réparation de vos préjudices corporels.
Déposez plainte rapidement. Notez tout ce dont vous vous souvenez du véhicule : couleur, modèle, même une partie de la plaque. Cherchez les témoins et signalez aux enquêteurs les caméras de vidéoprotection présentes sur les lieux, dont les images ne sont conservées que peu de temps. Le Fonds appréciera la réalité de l’accident à partir de ces éléments. Ses conditions d’intervention et ses délais sont expliqués sur notre page consacrée au Fonds de garantie (FGAO).
Vous avez été blessé à vélo. Ne laissez pas l’assureur décider seul de ce que valent vos séquelles.
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