

HOMICIDE INVOLONTAIRE : CONTRÔLE JUDICAIRE
Le contrôle judiciaire en matière d’homicide involontaire ou d’homicide routier ?
Le policier vous a indiqué que vous alliez être déferré en vue d’un placement sous contrôle judiciaire ? Vous vous interrogez sur le déroulement de la procédure ? Qui peut placer sous contrôle judiciaire ? quelles obligations et interdictions sont à respecter ?
1° La procédure de placement sous contrôle judiciaire en matière d’homicide involontaire ?
Le contrôle judiciaire est une liberté sous surveillance qui constitue une véritable alternative à l’emprisonnement.
Le contrôle judiciaire consiste concrètement en une privation partielle ou totale de certaines libertés. Autrement dit, la personne placée sous contrôle judiciaire doit respecter les obligations et interdictions contenues dans l’ordonnance de placement sous contrôle judiciaire.
A défaut, le contrôle judiciaire pourra être révoqué par le juge et la personne sera placée en détention provisoire.
Conformément à l’article 138 du Code de procédure pénale, le juge peut prononcer plusieurs obligations parmi la liste suivante :
° Ne pas sortir des limites territoriales définies par le juge,
° Ne s’absenter de son domicile ou de la résidence fixée par le juge qu’aux conditions et pour les motifs déterminés par ce magistrat,
°Ne pas se rendre en certains lieux,
° Ne pas participer à des manifestations sur la voie publique,
° Informer le juge de tout déplacement au-delà de limites déterminées ;
° Se présenter périodiquement aux services, associations habilitées ou autorités désignés par le juge,
° Répondre aux convocations de toute autorité, de toute association ou de toute personne qualifiée désignée par le juge,
° Remettre soit au greffe, soit à un service de police ou à une brigade de gendarmerie tous documents justificatifs de l’identité, et notamment le passeport, en échange d’un récépissé valant justification de l’identité ;
° S’abstenir de conduire tous les véhicules, certains véhicules ou un véhicule qui ne soit pas équipé, par un professionnel agréé ou par construction, d’un dispositif homologué d’antidémarrage par éthylotest électronique et, le cas échéant, remettre au greffe son permis de conduire contre récépissé,
° S’abstenir de recevoir ou de rencontrer certaines personnes spécialement désignées par le juge,
° Se soumettre à des mesures d’examen, de traitement ou de soins,
° Fournir un cautionnement,
° Ne pas se livrer à certaines activités de nature professionnelle ou sociale
° Ne pas exercer une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs
° Ne pas détenir ou porter une arme
2° Comment se déroule la procédure de placement sous contrôle judiciaire pour homicide involontaire ?
Vous avez été impliqué dans un accident de la route et les policiers vous ont placé en garde à vue.
Durant le temps de la garde à vue, l’enquête a permis d’établir votre responsabilité dans l’accident et peut être que des circonstances aggravantes de l’infraction d’homicide involontaire vous étaient imputables. En effet, des experts en accidentologie ont été requis pour se prononcer sur l’existence d’une faute pouvant engager votre responsabilité (ex : vitesse et consommation d’alcool).
Parallèlement, vous avez appris que la victime est décédée des suites de ses blessures.
Quelle sera la suite de la procédure ?
Dans cette hypothèse, l’infraction d’homicide involontaire peut être lourde de conséquences.
De ce fait, le magistrat va opter principalement pour deux possibilités :
° Compte tenu de la gravité de l’infraction, le procureur décide de vous déferrer :
Cela signifie qu’à l’issue de la garde à vue, vous allez être emmené au tribunal et présenté à ce magistrat. Ce magistrat vous remettra une convocation pour comparaitre devant le tribunal correctionnel à une date ultérieure (bien souvent plusieurs mois d’attente). Néanmoins, durant ce temps d’attente, le procureur va généralement décider de vous placer sous contrôle judiciaire. Ainsi, à l’issue du déferrement vous êtes laissé libre de partir mais vous devez vous astreindre au respect de certaines obligations. A défaut, vous pourrez être placé en détention provisoire
Le placement sous contrôle judiciaire est choisi par le procureur lorsqu’il y a un risque de non-présentation de la personne (dans ce cas une obligation de pointage sera mise en place), un risque de pression sur les témoins (une interdiction d’entrer en contact pourra être décidée) ou encore un risque de réitération des faits (l’interdiction de conduire un véhicule sera choisie par le procureur).
° A l’issue de l’enquête, si toutes les informations sur les circonstances de l’accident n’ont pas pu être réunies ou si l’infraction est particulièrement grave, le procureur va saisir le juge d’instruction :
Cela signifie qu’à l’issue de votre garde à vue, vous allez être conduit au Tribunal. Vous allez dans un premier temps être emmené dans le bureau du procureur puis dans celui du juge d’instruction pour être auditionné. C’est l’interrogatoire de première comparution qui marque le début de l’enquête confiée au juge d’instruction qui ne durera pas moins d’une année.
A l’issue il pourra décider soit de saisir le juge de la liberté et de la détention en vue d’un placement en détention soit vous laissez libre sous contrôle judiciaire.
« Ne regardez pas combien vous coûte une défense, mais combien vous coûterait une mauvaise défense ! » Michel Benezra, avocat associé
3° Comment demander la mainlevée ou la modification de son contrôle judiciaire en matière d’homicide involontaire ?
A titre liminaire, il faut distinguer la mainlevée du contrôle judiciaire de la modification du contrôle judiciaire.
La mainlevée totale consiste en la levée de toutes les obligations du contrôle judiciaire tandis que la levée partielle permet de supprimer l’une des obligations. La modification du contrôle judiciaire permet de modifier l’exécution de l’une de ses obligations (exemple modification du lieu de pontage). Néanmoins, il faut bien comprendre que le contrôle judiciaire consiste en une alternative offerte à la personne afin de lui éviter la détention.
Par conséquent, le cabinet conseille régulièrement ses clients, placés sous contrôle judiciaire en matière d’homicide involontaire, d’exécuter pendant un temps suffisamment long son contrôle judiciaire afin de démontrer au magistrat non seulement sa bonne foi mais également de prouver au Tribunal qu’ils sont capables de respecter les interdictions qui leurs sont imposées.
Le contrôle judiciaire est un véritable pacte de confiance entre la justice et la personne mise en cause qui constitue un atout incontestable devant le Tribunal lorsqu’il est parfaitement respecté. Cependant, certains aléas peuvent nécessiter une modification ou une levée partielle ou totale du contrôle judiciaire.
→ Cas d’absence d’instruction et convocation directement devant la juridiction de jugement :
La demande est adressée à la juridiction de jugement lorsqu’il n’y a pas de saisine du juge d’instruction ou lorsque l’instruction est terminée. La demande devra être particulièrement motivée c’est-à-dire comporter les raisons de la demande, laquelle devra être étayée par des éléments de preuve écrite.
Exemple : en cas de modification du lieu de pointage pour cause de déménagement, il conviendra de produire un justificatif de la nouvelle adresse.
La demande fera l’objet d’une audience devant la juridiction de jugement devant laquelle la personne comparaitra quelques mois plus tard. En cas de refus, la personne dispose d’un droit de pouvoir faire appel dans le délai de 24 heures.
→ Cas d’une ouverture d’information judiciaire, c’est-à-dire avec instruction :
La demande de mainlevée ou de modification du contrôle judiciaire peut être réalisée à tout moment pendant l’enquête. La demande devra être particulièrement motivée c’est-à-dire comporter les raisons de la demande, laquelle devra être étayée par des éléments de preuve écrite.
Exemple : en cas de mainlevée partielle du contrôle judiciaire notamment l’interdiction de conduire. Il faudra apporter la preuve que la personne s’est exécutée pendant un temps suffisamment long et qu’en raison d’un bouleversement professionnel, la personne a un besoin impérieux de recouvrer son droit de conduire.
En cas de demande de mainlevée, le juge d’instruction dispose de 5 jours pour répondre tandis que face à une modification du contrôle judiciaire aucun délai n’a été prévu par la loi. En cas de refus, la personne dispose de la possibilité de faire appel devant la chambre de l’instruction dans le délai de 10 jours. Néanmoins, il faut savoir que l’appel n’étant pas suspensif, la personne devra continuer d’exécuter ses obligations en attendant l’appel.
Réponse:
Oui, vous n’êtes pas sans recours. en france, on peut saisir le fonds de garantie (fga-o) lorsque l’auteur est inconnu, insolvable ou non assuré, sous conditions et délais stricts. la logique reste la même : preuves (témoignages, vidéos urbaines, constat de police), expertise contradictoire, chiffrage complet. si l’accident s’est produit à l’étranger ou implique un véhicule étranger, d’autres mécanismes existent (bureaux nationaux, mandataires). nous vérifions aussi vos garanties personnelles (GAV, prévoyance) pour cumuler les indemnités compatibles et réduire le reste à charge.
Réponse:
Oui, dans certains cas on peut rouvrir le dossier (aggravation de l’état, besoins nouveaux, préjudice professionnel qui se révèle, séquelles psychiques reconnues plus tard, etc.). juridiquement, l’aggravation permet une nouvelle indemnisation des éléments apparus ou révélés après la première transaction/jugement. on réévalue l’état médico-légal, on documente l’impact concret (arrêts, pertes de gains, aide humaine accrue, soins), puis on sollicite une nouvelle expertise et une indemnisation complémentaire. là encore, l’indépendance médico-légale et la qualité des preuves font la différence ; nous gérons la stratégie et les délais.
Réponse:
Oui, ne signez rien sans avis spécialisé. ces offres « flash » interviennent souvent avant une consolidation solide et sans prise en compte exhaustive des préjudices (notamment aide humaine, avenir professionnel, troubles psy, frais futurs, aménagements). accepter trop tôt gèle vos droits et empêche d’obtenir ultérieurement ce qui n’a pas été évalué. nous réclamons d’abord les provisions, organisons l’expertise contradictoire, puis chiffrons poste par poste selon le référentiel dintilhac. ensuite, négociation ferme sur une base argumentée ; à défaut, action en justice. l’objectif : une indemnisation complète, pas partielle.
Réponse:
Oui, vous ne choisissez pas l’expert adverse, mais vous avez le droit d’être assisté(e) par votre médecin-conseil de victimes, indépendant des assureurs — c’est même essentiel. l’expertise « à huis clos » ou non contradictoire est à proscrire : nous exigeons la convocation de toutes les parties, préparons vos doléances (retentissement dans la vie quotidienne, douleurs, travail, famille), apportons les pièces médicales utiles (imagerie, rééducations, psychiatrique si besoin) et contestons les points techniques (cohérence clinique, barèmes, taux DFP/AIPP, aide humaine, besoins futurs). si l’amiable est biaisée ou insuffisante, nous demandons une expertise judiciaire pour sécuriser le processus et la valeur du dossier.
Réponse:
Oui, dès l’ouverture du dossier, nous visons une provision (avance) pour faire face aux dépenses urgentes. sous badinter, l’assureur du vtm doit présenter une offre d’indemnité dans les 8 mois de l’accident (art. 12), mais l’indemnisation intégrale intervient souvent après la consolidation médicale (quand l’état est stabilisé) et/ou une expertise judiciaire si l’amiable bloque. selon la gravité et la posture de l’assureur, comptez plusieurs mois à plus d’un an pour aller au bout — parfois moins si l’offre est sérieuse et le dossier bien préparé. notre rôle : cadencer le dossier (calendrier écrit), accélérerles jalons (expertise, offre), refuser les transactions sous-évaluées et plaider si l’offre reste insuffisante.
Réponse:
Dans ce cas, la loi badinter ne s’applique pas (pas de véhicule terrestre à moteur). on retombe sur la responsabilité civilede l’auteur (cycliste/trottinettiste) et/ou de son assureur RC (ou garantie accidents de la vie, selon les contrats). le principe devient celui d’un partage éventuel des fautes : on reconstitue la scène (témoignages, vidéos, photos, constat, signalisation) pour établir la faute déterminante et maximiser votre indemnisation. la méthode reste la même côté victime : expertise médico-légale contradictoire, chiffrage complet (souffrances, DFP/AIPP, pertes de gains, aide humaine, incidence professionnelle…), négociation ferme, puis action en justice si nécessaire. nous vérifions aussi l’existence d’une assurance annexe (RC scolaire, clubs, copropriété, GAV).
Réponse:
oui, en principe oui. pour un piéton, la loi badinter (art. 3) protège les « non-conducteurs » : votre faute n’est pas opposable, sauf faute inexcusable et cause exclusive de l’accident. or, la faute inexcusable est définie de façon très restrictive par la jurisprudence (faute volontaire d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable à un danger dont on a conscience). traverser au rouge, hors passage, ou regarder son téléphone ne suffit généralement pas à priver la victime de son droit à indemnisation. on analysera néanmoins les circonstances (visibilité, vitesse, comportement du conducteur) pour consolider votre droit et écarter toute contestation. en pratique, nous réclamons une provision rapide, organisons l’expertise contradictoire et chiffrons l’ensemble des postes de préjudice (barème dintilhac).
Réponse:
Oui, la relaxe est possible si le tribunal estime que les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas réunis, notamment en l’absence de faute ou de lien de causalité entre la faute et le décès. La jurisprudence a confirmé que l’absence de faute exclut la responsabilité pénale pour homicide involontaire.
Il est important de noter que même en cas de relaxe au pénal, la victime ou ses ayants droit peuvent engager une action en responsabilité civile pour obtenir réparation du préjudice subi. La procédure civile est indépendante de la procédure pénale et peut aboutir à une condamnation à indemniser la victime, même en l’absence de condamnation pénale.
Réponse:
La peine maximale pour un homicide involontaire dépend des circonstances entourant l’infraction. En l’absence de circonstances aggravantes, la peine maximale est de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Toutefois, en cas de violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 75 000 euros d’amende.
Dans le contexte d’un accident de la route, si le conducteur a commis une infraction telle que la conduite en état d’ivresse, sous l’emprise de stupéfiants, sans permis, ou un excès de vitesse supérieur à 50 km/h, la peine peut être portée à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Si deux ou plusieurs de ces circonstances sont réunies, la peine maximale est de dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.
Réponse:
Lorsqu’un homicide involontaire est commis à l’occasion d’un accident de la circulation, les sanctions prévues par la loi sont plus sévères, notamment en présence de circonstances aggravantes. En l’absence de telles circonstances, la peine maximale est de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
Cependant, si le conducteur a commis une infraction telle que la conduite en état d’ivresse, sous l’emprise de stupéfiants, sans permis, ou un excès de vitesse supérieur à 50 km/h, la peine peut être portée à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Si deux ou plusieurs de ces circonstances sont réunies, la peine maximale est de dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.
Des peines complémentaires peuvent également être prononcées, telles que la suspension ou l’annulation du permis de conduire, l’interdiction de conduire certains véhicules, ou l’obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Réponse:
En droit pénal français, l’homicide involontaire est défini par l’article 221-6 du Code pénal comme le fait de causer la mort d’autrui par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement. Il s’agit d’un délit, et non d’un crime, en raison de l’absence d’intention de tuer. La loi ne prévoit pas de peine minimale obligatoire pour cette infraction. Le juge dispose d’un pouvoir d’appréciation et peut prononcer une peine adaptée aux circonstances de l’affaire et à la personnalité du prévenu. Ainsi, en l’absence de circonstances aggravantes, la peine maximale encourue est de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Toutefois, le tribunal peut décider d’une peine inférieure, voire d’une dispense de peine, en fonction des éléments du dossier.
Réponse:
Solliciter un avocat pénaliste, et plus spécifiquement un avocat expérimenté en droit pénal routier, est essentiel lorsqu’il s’agit de faire face à des poursuites pour des infractions graves telles que l’homicide ou les blessures involontaires.
Ce type de contentieux, à la croisée du droit pénal et du droit routier, requiert une connaissance pointue des règles de procédure, des usages jurisprudentiels, ainsi qu’une capacité à construire une stratégie de défense rigoureuse et individualisée.
En effet, la défense d’un conducteur impliqué dans un accident aux conséquences involontaires ne s’apparente en rien à celle d’un mis en cause pour une infraction intentionnelle comme un vol avec violence ou une agression sexuelle. La spécificité des enjeux — notamment en termes de responsabilité pénale et de dommages — justifie pleinement le recours à un professionnel aguerri à ce type de dossier.
Ainsi, en cas de poursuites pénales pour homicide ou blessures involontaires, il est fortement recommandé de confier sa défense à un avocat rompu aux subtilités du droit pénal routier.
Réponse:
Les honoraires d’un avocat en droit routier varient en fonction de plusieurs critères. Le premier est la gravité de l’infraction (conduite sous l’empire d’alcool ou de l’emprise de stupéfiants, récidive, accident corporel, homicide involontaire…). S’ajoutent l’expérience du cabinet, la spécialisation de l’avocat, sa notoriété dans les médias, ainsi que ses résultats dans ce domaine.
À titre indicatif, les honoraires peuvent débuter autour de 2 000 euros pour des infractions simples, et atteindre 8 000 euros dans les dossiers plus complexes. En cas de contentieux graves (homicide ou blessures involontaires, cumul d’infractions), certains avocats particulièrement expérimentés peuvent pratiquer des honoraires compris entre 8000 et 15 000 euros.
Comment se défendre lorsque l’on est poursuivi pour homicide involontaire ?
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Placé en contrôle judiciaire après un homicide routier ?
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