Accident de la route en Thaïlande : quels recours pour la victime française ?
En bref : une victime française d’un accident de la route en Thaïlande ne bénéficie pas du dispositif d’assurance européen dit de la « carte verte » : la Thaïlande n’en fait pas partie. Sa voie d’indemnisation principale depuis la France passe le plus souvent par la commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI), sous réserve que les faits caractérisent une infraction et que les conditions de gravité soient réunies. La procédure pénale, elle, reste exclusivement gouvernée par le droit thaïlandais.
Nous accompagnons les victimes françaises d’accidents survenus en Thaïlande en coordination avec des correspondants thaïlandais pour le volet pénal, tout en conduisant depuis la France l’ensemble de la procédure d’indemnisation.
Pourquoi la Thaïlande pose-t-elle un problème spécifique par rapport à d’autres destinations ?
Contrairement à un accident survenu dans un pays européen ou dans un pays du dispositif carte verte (Maroc, Tunisie, Israël, Turquie notamment), une victime française accidentée en Thaïlande ne peut pas s’appuyer sur son assureur automobile français ni sur un correspondant local désigné par celui-ci : ce mécanisme ne couvre pas la Thaïlande. La voie civile locale existe, mais elle repose sur une assurance automobile obligatoire thaïlandaise dont la couverture reste, pour les dommages corporels, sensiblement plus limitée que les standards français, et qui ne couvre pas nécessairement le véhicule loué ou conduit par le touriste lui-même selon les conditions du contrat souscrit sur place.
C’est précisément dans cette situation que la voie française de la CIVI prend tout son sens : elle permet, sous conditions, à une victime française de faire évaluer et indemniser l’intégralité de ses préjudices depuis la France, plutôt que de dépendre exclusivement d’un système d’assurance local moins protecteur.
Quelle voie d’indemnisation reste ouverte à une victime française accidentée en Thaïlande ?
La Thaïlande n’appartenant ni à l’Espace économique européen ni au dispositif carte verte, la voie de l’assurance automobile française présentée pour d’autres destinations ne s’applique pas ici.
Deux voies restent en pratique pertinentes, déjà présentées de façon générale sur notre page consacrée à l’indemnisation d’une victime accidentée à l’étranger : la commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI), ouverte à toute personne de nationalité française victime de faits présentant le caractère matériel d’une infraction, dès lors que l’accident a entraîné une incapacité totale de travail d’au moins un mois, une incapacité permanente ou le décès ; l’action contre l’agence de voyages ou le tour-opérateur, si le déplacement s’inscrivait dans un séjour organisé (forfait touristique, excursion incluse), sur le fondement de la responsabilité de plein droit du professionnel.
Un point à ne pas mal comprendre. La CIVI applique son propre régime français de réparation intégrale, construit à partir de la nomenclature Dintilhac, mais ce n’est pas la loi Badinter du 5 juillet 1985 : cette dernière est expressément écartée du champ de la CIVI par le Code de procédure pénale. Le résultat pratique reste souvent proche pour la victime, une évaluation poste par poste selon les standards français, mais il est juridiquement inexact d’affirmer qu’un accident en Thaïlande ouvre un « choix » de la loi Badinter. C’est un mécanisme français autonome, pas une application de la loi Badinter à l’étranger.
Que faire immédiatement après un accident de la route en Thaïlande ?
- appeler les secours : le 1669 pour une ambulance, le 191 pour la police, le 1155 pour la police touristique, joignable en anglais 24h/24 ;
- faire établir un rapport de police, indispensable pour toute démarche d’assurance ou de justice ultérieure ;
- photographier les lieux, les véhicules et les blessures, et recueillir les coordonnées des témoins ;
- consulter un médecin rapidement et conserver l’intégralité du dossier médical, y compris les documents en thaï ou en anglais, qui devront être traduits pour toute procédure engagée en France ;
- contacter l’ambassade ou le consulat de France, qui peut faciliter le lien avec la famille et orienter sur les démarches de rapatriement si nécessaire, mais dont le rôle reste limité à l’assistance consulaire, non à la défense juridique de la victime ;
- prévenir ses proches, qui pourront relayer les démarches et prendre l’attache d’un avocat français si la victime n’est pas en mesure de le faire.
Quels délais s’imposent à la victime ?
La demande d’indemnisation devant la CIVI doit être présentée dans un délai de trois ans à compter de la date de l’infraction. Lorsque des poursuites pénales sont engagées en Thaïlande, ce délai est prolongé et n’expire qu’un an après la décision définitive sur l’action publique ou sur l’action civile qui en découle.
Le droit thaïlandais applique, pour sa part, ses propres délais de prescription pour les actions locales, généralement plus courts que ceux du droit français. Ce point doit être vérifié spécifiquement avec un correspondant local dès l’ouverture du dossier, plutôt que présumé.

« en Thaïlande, 90 % des accidents mortels ont lieu sur deux-roues. Les casques sont rarement aux normes.« (source)
Comment se déroule la procédure d’expertise devant la CIVI ?
Lorsque la CIVI retient le dossier, une expertise médicale est ordonnée et confiée à un médecin expert missionné par le fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI). Cette expertise est gratuite pour la victime, qui peut s’y faire assister par un médecin-conseil et par son avocat. Le fonds formule ensuite une offre d’indemnisation couvrant l’ensemble des postes de préjudice selon la nomenclature Dintilhac.
Cas réel : accident en thaïlande – voyage organisé
M. et Mme [D] avaient acquis un voyage organisé en Thaïlande auprès de l’agence de voyage Karavel, voyage qui s’est déroulé du 12 au 21 décembre 2023. Le 16 décembre 2023, lors d’un transport en bus dans le cadre de ce voyage, un accident de la circulation s’est produit : le bus dans lequel les époux [D] étaient installés a été heurté par un véhicule de loisirs conduit par un tiers étranger au contrat de voyage. M. [D] a été blessé à l’épaule. De retour en France, il a subi des infiltrations puis une opération le 8 mars 2024, ainsi que des séances de kinésithérapie. Par actes de décembre 2024, M. [D] a assigné la société Karavel et son assureur Helvetia Assurances ainsi que la CPAM de Seine-Saint-Denis devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris (…) Cour d’appel – Paris – Pôle 1 – Chambre 2 – 11 décembre 2025
FAQ – Accident en thailande
Réponse:
En principe non. La Thaïlande ne fait pas partie du dispositif international de la carte verte, contrairement à des pays comme le Maroc, la Tunisie ou Israël. La voie d’indemnisation française passe donc essentiellement par la CIVI, et non par l’assurance automobile française.
Réponse:
Cette aide peut être utile pour la procédure pénale thaïlandaise elle-même. Elle ne doit toutefois pas remplacer la désignation d’un avocat français, seul en mesure d’engager une procédure d’indemnisation devant la CIVI dans les délais requis.
Réponse:
Ce n’est pas la loi Badinter qui s’applique, celle-ci étant explicitement exclue du champ de la CIVI par le Code de procédure pénale. La CIVI applique son propre régime français de réparation intégrale, construit sur la nomenclature Dintilhac, ce qui reste en pratique nettement plus favorable qu’une indemnisation selon le seul droit thaïlandais.
Réponse:
Il faut les conserver intégralement dès la sortie de l’hôpital et prévoir leur traduction avant toute utilisation dans une procédure engagée en France.
Dans cette vidéo, Maître Benezra explique aux victimes françaises d’un accident de la route en Thaïlande, comment obtenir une indemnisation.

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Un accident en Thaïlande ne prive pas la victime française de ses droits
La distance géographique et l’absence de convention d’indemnisation entre la France et la Thaïlande ne signifient pas que la victime doit se contenter du seul droit thaïlandais. Une analyse rapide de votre dossier permet de vérifier l’ouverture d’un droit à la CIVI et d’engager la procédure dans les meilleures conditions.
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