Les préjudices de la victime amputée après un accident de la route ?

En bref :un article qui va décrire précisément les difficultés liées à l’indemnisation d’une victime amputée : du diagnostic à la rééducation, il faut envisager tous les préjudices de la victime de l’amputation pour pouvoir se concentrer ensuite sur l’appareillage. L’environnement de la victime amputée va jouer un rôle clé dans son processus de reconstruction qui touche en réalité à la question de l’indemnisation du Grand Handicap. À la suite d’un accident de la circulation, une victime peut présenter une multitude de dommages corporels, parmi lesquels l’amputation qui pose des questions spécifiques supposant un travail concerté entre la victime amputée, l’avocat spécialisé, le prothésiste mais aussi l’ergothérapeute.

APPEL CABINET

L’amputation d’un membre après un accident

Un accident de la circulation peut engendrer une diversité de traumatismes corporels pour les victimes impliquées, parmi lesquels figure l’amputation d’un membre, qui soulève des problématiques particulières.

L’amputation d’un membre est une épreuve bouleversante, une expérience qui change la vie de façon inimaginable. En plus de l’immense traumatisme physique, il existe une composante émotionnelle dévastatrice qui accompagne cette perte. Dans les instants suivant un accident de la circulation entraînant une amputation, le monde semble s’arrêter.

Le concept médical de l’amputation se définit comme suit : il s’agit de l’ablation d’un membre ou d’une partie d’un membre. L’acte d’ablation implique la séparation précise du membre ou de la partie concernée de son point de rattachement, réalisé par un chirurgien spécialisé.

Il y a été estimé qu’environ 57,7 millions de personnes dans le monde vivaient avec une amputation, ce qui représente environ 0,8% de la population.

Bien que les progrès médicaux aient permis de réduire considérablement ce nombre au cours des dernières décennies, l’amputation demeure un sujet d’actualité parfois négligé ou méconnu. Dans de nombreux cas, l’amputation est considérée comme une option privilégiée et relève de l’une des trois catégories mentionnées précédemment : les causes pathologiques, les causes traumatiques ou congénitales.

Comment est posé le diagnostic de l’amputation ?

Le constat de l’amputation doit être établi, et la victime doit en prendre conscience

Pour notre part, nous nous attacherons exclusivement à la cause traumatique de l’amputation. La notion de traumatisme, lorsqu’il est associé à une amputation, fait référence à un accident nécessitant un suivi médical.

En comparaison aux 80 % d’amputations d’origine pathologique, les causes traumatiques représentent 20 % des cas d’amputation. Ces causes interviennent dans des situations d’urgence où une amputation est nécessaire.

En effet, les traumatismes étant imprévisibles, leur gravité potentielle requiert une intervention chirurgicale rapide, notamment lorsque les membres ou segments ont subi des dommages irréversibles. Si, à tort, on pense que le membre peut être préservé, l’amputation peut être différée jusqu’à ce que l’aggravation de la situation ou la difficulté à maintenir le membre en bonne santé à long terme soit constatée.

Logiquement, les traumatismes peuvent avoir des origines très diverses, mais l’un des principaux traumatismes est lié aux accidents de la route, qui, dans la plupart des cas, impliquent des motocyclistes jeunes, dont 70 % ne sont pas responsables de l’accident.

L’urgence du diagnostic de l’amputation

Pour les professionnels de la santé, c’est une course contre la montre pour stabiliser la victime et évaluer l’étendue des dommages.

Le diagnostic est une étape cruciale, car la nature et l’étendue de l’amputation détermineront non seulement le parcours médical de la victime, mais aussi le montant potentiel de l’indemnisation.

Une amputation au-dessus du genou, par exemple, aura des conséquences plus importantes sur la mobilité et la qualité de vie que celle en dessous du genou.

lieu exact de l'amputation dans une jambe

« Le membre fantôme de la victime amputée est un préjudice psychologique troublant » Michel Benezra, avocat en droit du dommage corporel

Comment se déroule la rééducation de la victime amputée ?

Une fois l’amputation réalisée, commence un long chemin de rééducation et se réalise avec des professionnels. Cette phase, souvent sous-estimée, est pourtant cruciale pour l’adaptation à la nouvelle condition physique.

La rééducation permet d’acquérir une nouvelle mobilité, d’apprendre à utiliser un membre artificiel, et de gérer la douleur fantôme, un phénomène courant chez les amputés.

De plus, l’essai d’appareillage est une étape clé, qui nécessite souvent plusieurs ajustements et peut entraîner des frais importants. L’indemnisation doit alors prendre en compte ces aspects, souvent négligés, mais essentiels pour la réhabilitation de la victime.

Quels sont les préjudices spécifiques aux amputés et comment les indemniser ?

Il est important de noter que chaque personne amputée peut rencontrer des préjudices spécifiques qui lui sont propres. Les besoins et les défis varient alors d’une personne à l’autre, et un soutien médical, psychologique et social individualisé est essentiel pour les aider à surmonter ces préjudices et à mener une vie épanouissante après une amputation.

La victime amputée doit voir l’intégralité de ses préjudices indemnisés. Cela signifie que l’ensemble des conséquences de l’accident doivent être discutées, évaluées et chiffrées.

Elle doit aussi prendre en compte les conséquences à long terme de l’accident, comme la rééducation, l’appareillage, la perte d’autonomie, la souffrance morale et les difficultés dans la vie professionnelle ou sociale.

Pour être correctement indemnisée, la victime doit d’abord passer une expertise médicale. Cette étape est essentielle, car elle permet d’évaluer l’importance des séquelles et de déterminer les besoins futurs. À partir de cette expertise, différents postes de préjudice peuvent être réclamés, comme les frais de soins, les frais de prothèse, l’aide d’une tierce personne, l’aménagement du logement ou du véhicule, ainsi que la perte de revenus (cf liste plus haut).

L’indemnisation doit viser une réparation complète, afin que la victime puisse reconstruire sa vie dans les meilleures conditions possibles. Plus le dossier est précis et bien préparé, plus il sera possible d’obtenir une indemnisation adaptée à la gravité du handicap et à ses conséquences sur l’avenir. Il est indispensable de recourir au binôme « avocat / médecin-conseil » lors de l’expertise médicale pour bien préparer ce moment clé de la procédure en indemnisation

Poste de préjudice (Dintilhac) Impact spécifique à l'amputation Point de vigilance
Déficit fonctionnel permanent (DFP) Taux élevé selon le membre amputé et le niveau d'amputation : de 25 % pour une amputation partielle de la main à plus de 60 % pour une amputation de cuisse bilatérale L'expert doit évaluer séparément le volet physique, le volet douleur chronique et le volet psychiatrique, un taux global unique minore systématiquement l'indemnisation
Frais d'appareillage prothétique Coût de la prothèse initiale, des renouvellements périodiques (tous les 3 à 5 ans), et de l'évolution technologique (prothèses à microprocesseur type Genium X3/X4) L'assureur propose systématiquement le remboursement de la prothèse de base prise en charge par la Sécurité sociale, pas la prothèse adaptée à l'activité réelle de la victime. Le choix de la prothèse est un droit, pas une concession
Assistance par tierce personne Aide humaine pour les actes de la vie quotidienne (habillage, hygiène, déplacements) avant et après consolidation, souvent viagère Le fait que l'aide soit assurée par un proche à titre gratuit ne réduit pas l'indemnisation, elle est chiffrée au tarif d'un prestataire professionnel. L'assureur exclut systématiquement les plages nocturnes et les week-ends
Frais d'adaptation du logement et du véhicule Travaux d'accessibilité (élargissement des portes, rampe d'accès, salle de bain adaptée), acquisition d'un logement de plain-pied si nécessaire, adaptation du véhicule (boîte automatique, commandes manuelles) La jurisprudence de la Cour de cassation reconnaît l'indemnisation du surcoût d'acquisition d'un logement adapté et interdit toute déduction au titre des loyers antérieurs, l'assureur tente systématiquement cette déduction
Incidence professionnelle Impossibilité de reprendre le métier antérieur, dévalorisation sur le marché du travail, pénibilité accrue, nécessité d'une reconversion professionnelle Poste distinct des pertes de gains professionnels futurs, souvent confondu par les experts. La reconversion forcée constitue elle-même un préjudice indemnisable, même lorsque la victime retrouve un emploi
Souffrances endurées Douleurs post-opératoires, membres fantômes (phénomène neurologique chronique touchant jusqu'à 80 % des amputés), douleurs de moignon, douleurs d'appareillage La douleur fantôme est un préjudice neurologique documenté, elle doit être évaluée séparément des souffrances physiques classiques et ne peut pas être minimisée au motif qu'elle est "psychologique"
Préjudice esthétique permanent Altération visible et permanente de l'apparence physique, cicatrices de moignon, visible avec ou sans prothèse L'assureur tend à minimiser ce poste lorsque la prothèse "dissimule" l'amputation, le préjudice esthétique s'apprécie indépendamment du port d'une prothèse
Préjudice d'agrément Abandon ou limitation des activités sportives, de loisirs, de bricolage ou de jardinage pratiquées avant l'accident Doit être prouvé par des éléments antérieurs à l'accident (licences sportives, témoignages, photos). L'assureur conteste systématiquement l'intensité de la pratique antérieure
Préjudice sexuel Atteinte à la vie intime liée aux séquelles physiques, à la douleur chronique et à l'image corporelle modifiée Poste rarement réclamé spontanément par la victime, doit être expressément demandé à l'expertise. Son absence de la liste des demandes signifie son exclusion définitive de l'indemnisation
Préjudice psychiatrique / TSPT Trouble de stress post-traumatique, dépression réactionnelle, trouble de l'image corporelle, fréquents après une amputation traumatique Nécessite un suivi psychiatrique documenté et un sapiteur psychiatre à l'expertise. Sans documentation, l'assureur exclut ce poste

Quelques exemples d’indemnisation par les tribunaux

2 septembre 2025
Tribunal judiciaire de Paris
RG n° 24/02853

Monsieur [W] [K], né le [Date naissance 4] 1991, a été victime le 27 juin 2014 d’un accident de la circulation à [Localité 10] alors qu’il était passager transporté dans un véhicule assuré auprès de la MACIF. Le véhicule était arrêté dans le flot de la circulation, fenêtres ouvertes, lorsqu’un explosif (pétard) a été projeté sur sa main droite qu’il avait laissée dépasser à l’extérieur. Âgé de 22 ans au moment des faits, il exerçait la profession de vendeur en téléphonie dans le cadre d’un CDD. Les blessures initiales comprenaient une luxation exposée de la trapézométacarpienne du pouce, une rupture du tendon fléchisseur profond de l’index, des plaies étagées palmaires du troisième doigt avec dilacération tendineuse, thrombose artérielle et rupture nerveuse. Il a subi 14 interventions chirurgicales entre juin 2014 et août 2015, incluant deux amputations de l’index droit et une greffe de peau.

Fiche synthétique

VICTIME
Homme, 33 ans, Paris
Accident de la circulation
Perte de chance 50 %
DONNÉES MÉDICALES
DFP60 %
Souffrances endurées6.3/7
Préj. esth. temp.5/7
Préj. esth. perm.4/7

Nature des atteintes

  • perte de la valeur fonctionnelle de la main droite (main dominante)
  • amputation trans-métacarpienne du 2ème doigt
  • amputation distale du 3ème doigt
  • enraidissement modéré de l’épaule droite (capsulite)
  • enraidissement du poignet droit
  • trouble psycho-traumatique
  • trouble de l’humeur chronique
  • altération de l’image de soi
  • méralgie paresthétique droite
  • cicatrice importante du flanc droit

Zones corporelles affectées

  • main droite
  • pouce droit
  • index droit
  • majeur droit
  • épaule droite
  • poignet droit
  • flanc droit

Incidence pro.

  • pénibilité et fatigabilité au travail
  • impossibilité de poursuivre l’activité antérieure
  • dévalorisation sur le marché du travail
  • nécessité de reconversion professionnelle
EXTRA-PATRIM. TEMPORAIRES
DFT 30 €/jour
Souffrances endurées 50 000 €
Préj. esth.9 000 €
EXTRA-PATRIM. PERMANENTS
DFP313 500 €
Agrément15 000 €
Préj. esth.20 000 €
Préj. sexuel10 000 €
Établissement15 000 €
PATRIM. TEMPORAIRES
DSA12 €
PGPA87 456 €
Frais divers7 650 €
Assist. tierce 18 €/h
PATRIM. PERMANENTS
DSF7 679 €
PGPF 372 672 €
Inc. pro. 150 000 €
Assist. tierce 25 €/h

13 avril 2026
Tribunal judiciaire de Meaux
RG n° 24/02459

Le 28 novembre 2014, M. [E] [L], né en 1969, circulait à [Localité 5] lorsqu’il a été percuté par un véhicule Renault Scénic conduit par M. [Z] [S] et assuré auprès de la MATMUT. La MATMUT a reconnu le droit à indemnisation intégrale de la victime et lui a versé des provisions d’un montant total de 130.000 euros. M. [L], au chômage au moment de l’accident, sans formation professionnelle et souffrant d’illettrisme, a subi une fracture complexe fermée par écrasement de l’extrémité distale du tibia et du péroné droits, ainsi qu’une plaie au niveau du 5ème doigt de la main droite. Il a fait l’objet de plusieurs hospitalisations et interventions chirurgicales, dont une amputation trans-tibiale de la jambe droite réalisée le 3 janvier 2015. Il a également développé un état de stress post-traumatique nécessitant un suivi psychologique et psychiatrique.
Homme, 56 ans, Meaux
Accident de la circulation
Perte de chance 40 %
DONNÉES MÉDICALES
DFP 38 %
Souffrances endurées 5.5/7
Préj. esth. temp. 5/7
Préj. esth. perm. 4/7

Nature des atteintes

  • amputation trans-tibiale de la jambe droite
  • déficit fonctionnel du 5e rayon de la main droite
  • état de stress post-traumatique
  • douleurs du membre fantôme
  • claudication à la marche

Zones corporelles affectées

  • membre inférieur droit
  • jambe droite
  • main droite
  • 5ème doigt main droite
  • cheville droite

Incidence pro.

  • dévalorisation sur le marché du travail
  • perte de chance professionnelle
  • reconversion
  • pénibilité
Barèmes : Gazette du Palais 2025
EXTRA-PATRIM. TEMPORAIRES
DFT 30 €/jour
Souffrances endurées 40 000 €
Préj. esth. 15 000 €
EXTRA-PATRIM. PERMANENTS
DFP 143 750 €
Préj. esth. 25 000 €
Préj. sexuel 8 000 €
PATRIM. TEMPORAIRES
DSA 1 146 €
PGPA 40 142 €
Frais divers 2 240 €
Assist. tierce 23 €/h
PATRIM. PERMANENTS
DSF 5 265 €
PGPF 102 458 €
Inc. pro. 50 000 €
Assist. tierce 23 €/h
Véhicule 66 635 €
VICTIMES INDIRECTES
Affection 5 000 €
Accompagn. 5 000 €

« Le choix de la prothèse n’est pas discrétionnaire et dépendra de la qualité du dossier présenté par votre avocat et son réseau » Michel Benezra, avocat en droit du dommage corporel

Comment appareiller la victime amputée et quel appareillage prothétique ?

La victime amputée, doit s’appareiller rapidement pour pouvoir retrouver un « semblant » de vie « normale ».

Il importe que les experts se prononcent sur la nature des prothèses à prévoir, ainsi que sur l’ensemble des accessoires et leur fréquence de renouvellement. Cela comprend également des considérations sur le besoin d’équipements supplémentaires, comme par exemple un fauteuil roulant léger pour les amputés d’un membre inférieur dès lors que la victime va se désappareiller (souvent lorsque la victime amputée est à son domicile pour se soulager un peu).

Il existe une multitude de prothèses pour une multitude de types d’amputation. Le choix de la prothèse à fournir dépendra de la nature spécifique de l’amputation subie par la victime.

Par exemple, dans le cas d’une amputation transfémorale (au niveau du genou ou de la cuisse), une prothèse offrant un genou adapté pour une autonomie optimale sera nécessaire.

Chaque cas doit donc être apprécié individuellement afin de fournir la prothèse la plus adaptée à chaque victime. Il est important de souligner que toutes les prothèses ne se valent pas, et que les modèles les plus performants seront difficilement accessibles si un dossier solide n’est pas constitué en amont avec votre avocat et le prothésiste.

C’est en effet au cours de l’expertise médicale que le choix de la prothèse va être discuté. Ainsi, lors des expertises médicales, il sera impératif de démontrer l’utilité pratique d’une telle prothèse pour la victime.

Les prothèses hautement performantes de type GENIUM X3 (et GENIUM X4 à partir de janvier 2025) peuvent être nécessaires pour le retour à l’autonomie de la victime, même si elles ne sont pas toujours prises en charge par la Sécurité sociale.

Il est donc essentiel de démontrer l’utilité concrète de ces prothèses lors des expertises médicales.

La Genium X3 / X4  permet de monter les escaliers en toute sécurité, de franchir les obstacles sans trébucher, de contrôler son équilibre en position « debout » et de pouvoir se mettre même à courir pour d’éventuelles activités sportives.

Bien sûr, elle résiste à l’eau salée ou chlorée et permettra à la victime en situation de handicap de profiter des joies des séjours à la mer ou de prendre tout simplement une douche appareillée.

 Lorsque la victime amputée reçoit sa prothèse, elle est initiée aux principes fondamentaux de son utilisation :
  • Comment mettre la prothèse.

  • Comment l’enlever.

  • Comment marcher avec la prothèse.

  • Comment prendre soin de la prothèse et de la peau du moignon.

La formation est généralement continue et préférablement dispensée par une équipe de spécialistes.

Un kinésithérapeute élabore un programme d’exercices visant à améliorer la force, l’équilibre, la souplesse et la santé cardiovasculaire. Le kinésithérapeute guide également la personne sur la façon de marcher avec la prothèse.

Initialement, une assistance humaine est nécessaire pour la marche, puis elle peut être effectuée avec un déambulateur ou une canne. En quelques semaines, de nombreuses personnes amputées sont capables de marcher sans canne. Le kinésithérapeute les instruit également sur la façon de monter et descendre les escaliers, de marcher sur des terrains en pente ou des surfaces irrégulières.

Dans certains cas, les plus jeunes peuvent également apprendre à courir et à pratiquer des activités sportives. Les progrès sont plus lents et limités pour les personnes ayant une amputation au-dessus du genou, ainsi que pour les personnes âgées ou celles qui sont fatiguées ou peu motivées.

Il est important de noter que la prothèse nécessaire pour une amputation au-dessus du genou est plus lourde que celle utilisée pour une amputation en dessous du genou, et son contrôle requiert une certaine habileté. Après une amputation en dessous du genou, la marche demande entre 10 % et 40 % d’énergie supplémentaire, tandis qu’au-dessus du genou, elle requiert entre 60 % et 100 % d’énergie supplémentaire.

benezra avocats

Le Cabinet BENEZRA ne traite pas « occasionnellement » des accidents de la route.

 

C’est notre cœur de métier depuis plus de 20 ans avec des millions d’euros obtenus pour nos clients victimes.

Pourquoi il est impératif d’évaluer l’environnement de la victime amputée ?

L’évaluation de l’indemnisation d’une victime d’amputation est réalisée en tenant compte des besoins spécifiques de la victime qui évolue dans un environnement particulier et des conséquences de l’accident, conformément aux principes juridiques en vigueur.

Cette évaluation requiert une analyse minutieuse des préjudices subis et une prise en considération des divers besoins découlant de l’amputation, tels que l’acquisition d’une prothèse, l’obtention d’équipements complémentaires, ainsi que l’aménagement du logement et du moyen de transportpour une adaptation adéquate.

Aussi, il faut évaluer l’aménagement du lieu de vie de la victime, donc du domicile, et plusieurs aménagements mobiliers, architecturaux et urbains seront alors exécutés au logement de la personne amputée en situation de handicap lourd.

Une jurisprudence abondante en matière de logement adapté aux personnes en situation de handicap.

Cass. Civ 2ème, 9 octobre 1996 n°94-19 763 « L’usage d’un fauteuil roulant pour la victime exigeait un changement de domicile et l’acquisition d’un logement de plain-pied, avec rez-de-chaussée aménageable comportant notamment des accès sanitaires, ce qui impliquait à la charge du responsable de l’accident, la prise en charge du coût de l’acquisition et de l’aménagement d’un tel logement ».

Cass. Crim, 10 janvier 2006 n°05-842256 : « Attendu que pour réparer le préjudice de la victime (…) de l’obligation de recourir pour tous ses déplacements, à l’utilisation d’un fauteuil roulant exigeant un changement de domicile, l’arrêt attaqué lui alloue une indemnité correspondant au montant de l’acquisition et de l’aménagement d’un logement adapté à cette nécessité ».

Cass. Civ. 2ème, 11 juin 2009 n°08/11127 : « Qu’en statuant ainsi, tout en constatant que du fait des séquelles, Monsieur X s’était retrouvé dans l’impossibilité de choisir entre l’acquisition ou la location d’un logement, dès lors que son handicap rendait nécessaires des aménagements de son logement incompatibles avec le caractère provisoire d’une location, ce dont il résultait qu’une telle acquisition était une conséquence de l’accident ».

Cass. 3 novembre 2011 n°10/26997, précise l’étendue de cette indemnisation. La victime peut solliciter :

  • Les frais d’acquisition du terrain,
  • Les honoraires de l’agent immobilier,
  • Le coût de la construction.

Ce poste de préjudice est apprécié in concreto : il s’agit de tenir compte non seulement du degré de handicap de la victime, mais également de sa situation personnelle et des caractéristiques du logement qu’elle occupait avant l’accident. En ce sens, les frais d’acquisition du logement sont pris en charge par le débiteur de l’indemnisation lorsque la victime n’est que locataire de son logement puisque par définition, le contrat de bail est un contrat précaire incompatible avec la nécessaire pérennité des aménagements indispensables au handicap de la victime.

Cass. Civ. 2ème, 5 février 2015 n°14/16015 a précisé que les loyers précédemment honorés par la victime n’avaient pas à être déduits du prix d’acquisition à la charge de la compagnie d’assurances : « Que de ces constatations et énonciations, procédant de son appréciation souveraine des éléments de preuve produits aux débats, la cour d’appel a pu déduire que les frais d’acquisition et d’aménagements de la maison exposés par la victime étaient en relation directe avec l’accident et devaient être pris en charge en totalité par Monsieur Y, indépendamment de l’économie réalisée par le non-paiement ».

Cass. Civ. 2ème, 14/04/2016 N°15.16625 et 15.22147 : « Mais attendu que la réparation intégrale du préjudice lié aux frais de logement adapté commande que l’assureur prenne en charge les dépenses nécessaires pour permettre à la victime de bénéficier d’un habitat adapté à son handicap (…).
Qu’ayant constaté que Monsieur Z qui n’était pas propriétaire de son logement avant l’accident ; avait d’abord été hébergé chez ses parents dont le logement avait dû être aménagé pour le recevoir, puis une fois son état consolidé avait acheté une maison adaptée à son handicap, la cour d’appel qui n’avait pas à procéder à la rechercher visée à la première branche, en a exactement déduit que l’assureur devait garantir la victime de l’intégralité des dépenses occasionnées par cet aménagement puis par cet achat ».

Cass. 18 mai 2017 n°16-15.912 : Dès lors que l’acquisition d’un logement adapté au handicap de la victime est une nécessité pour lui permettre de vivre décemment, le principe de la réparation intégrale commande de l’indemniser tant des frais d’acquisition que des frais d’aménagements dudit logement (Cass. 18 mai 2017 n°16-15.912).

Cass. Civ2 02/02/2017 N°15-29.527 « Qu’en statuant ainsi, sans rechercher si l’acquisition d’un logement mieux adapté était en relation avec l’accident pour avoir été rendue nécessaire à raison du handicap de la victime et du mode de vie qu’il lui impose, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision. »

L’indemnisation des frais d’acquisition du logement n’est donc pas un acquis. Les victimes doivent démontrer le lien de causalité entre le handicap résultant du fait litigieux et la nécessité d’acquérir un logement adapté à ce handicap.

Cass. civ2 18 mai 2017 n°16-15.912 « Mais attendu qu’ayant relevé que M. X…, qui était âgé de 26 ans au jour de l’accident, résidait au domicile de ses parents, lequel est devenu inadapté aux besoins de son handicap, que l’importance de ce handicap et l’usage permanent d’un fauteuil roulant justifient, selon le rapport d’expertise, des aménagements du logement suffisamment lourds pour qu’ils soient incompatibles avec le caractère provisoire d’une location, 
que le changement de lieu de vie n’est donc pas un choix purement personnel mais a été provoqué par les séquelles de l’accident, qu’il n’est d’ailleurs pas démontré que le coût financier de l’acquisition d’un immeuble déjà construit et de ses travaux d’adaptation soit inférieur à l’option prise par la victime de faire construire en tenant compte des contraintes matérielles de son handicap,
que les frais que M. X… a dû engager pour acquérir un terrain et faire construire un logement adapté à son handicap sont directement imputables aux séquelles provoquées par l’accident, la cour d’appel en a exactement déduit que la victime devait être indemnisée des frais d’acquisition d’un logement adapté ».

Par conséquent, dès lors que le handicap de la victime rend nécessaire l’acquisition d’un logement, notamment au regard de la gravité de son handicap, lorsque celle-ci est locataire de son logement, et du fait de la lourdeur des aménagements nécessaires, les frais d’acquisition dudit logement doivent être intégralement pris en charge par le débiteur de l’indemnisation.

A la suite d’un grave accident de la route, Fred a été touché à ses jambes. Il a alors été amputé des deux membres inférieurs et doit apprendre à vivre en situation de handicap.

Le kinésithérapeute va avoir pour objectif de refaire marcher Fred et donc de s’attaquer à la fonction « marche ».

En effet, les exercices de rééducation pour amputés sont importants afin de se préparer à marcher avec une prothèse.

Ce sont alors les exercices et l’entraînement qui vont permettre à Fred, la victime de la route, de retrouver sa mobilité

Le psychomotricien va avoir pour objectif de donner envie à Fred de remarcher, de l’aider à retrouver les plaisirs de la marche même à l’aide de prothèses.

En effet, en cas d’amputation, le schéma corporel subit une désorganisation totale qui se traduit par l’émergence de membres ou de douleurs fantômes et qui rend difficile tout appareillage ultérieur.

La douleur, bien réelle pour la victime amputée, reste en fait inaccessible car irréelle.

Le psychomotricien va devoir alors réajuster le schéma corporel de Fred, victime de la route, en fonction de la réalité de son corps amputé

L’ergothérapeute va avoir pour objectif d’organiser l’environnement de Fred pour lui permettre cette marche, soit grâce à du matériel, soit aux nouvelles technologies. Effectivement, lorsque Fred devra retourner à son domicile, il aura toutes les difficultés à retrouver le même environnement que celui présent à son centre de réadaptation, adapté complètement aux différents handicaps. Pour éviter alors à Fred, victime de la route, l’abandon de sa prothèse (peur de tomber, …) au profit d’un fauteuil roulant (sensation de sécurité), l’ergothérapeute va préconiser l’adaptation du logement Fred.

« Téléchargez le guide de l’expertise médicale de la victime amputée – actualisé à juin 2026 – rédigé par Maître Benezra pour vous permettre de suivre étape par étape votre expertise en plus de la préparation fournie aux clients du cabinet »

 

Vous pouvez le télécharger, le diffuser, ou reproduire certaines parties avec l’accord de Maître Benezra, à la condition de citer la source

guide de l'expertise de la victime tétraplégique
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Pourquoi choisir BENEZRA AVOCATS dans le cadre de l’indemnisation des victimes amputées ?

Travailler avec le cabinet Benezra présente un avantage déterminant pour la victime amputée, car l’accompagnement ne se limite pas à une simple demande d’indemnisation.

Le cabinet intervient à chaque étape du dossier, depuis la préparation médicale jusqu’à l’expertise, afin de réunir les éléments nécessaires pour démontrer la réalité des besoins de la victime et l’intérêt d’une prothèse performante et adaptée.

Cette préparation est essentielle, car l’enjeu est souvent majeur face à un assureur qui cherche à limiter au maximum le coût de la prise en charge.

Dans ce contexte, la défense des droits de la victime devient un travail de longue haleine, où chaque détail médical, fonctionnel et humain compte pour obtenir une prothèse réellement utile à son autonomie et à sa qualité de vie.

Cette vidéo rapporte le témoignage d’une victime d’un grave accident qui a du subir une amputation de sa jambe. Alors qu’elle essayait de sortir du véhicule accidenté son fils, une voiture l’a percutée. C’est un client du cabinet Benezra

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DROIT ROUTIER ET DOMMAGES CORPORELS

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Les préjudices de la victime amputée après un accident de la route ?
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Les préjudices de la victime amputée après un accident de la route ?
Description
un article qui va décrire précisément les difficultés liées à l’indemnisation d’une victime amputée : du diagnostic à la rééducation, il faut envisager tous les préjudices de la victime de l’amputation pour pouvoir se concentrer ensuite sur l’appareillage. L’environnement de la victime amputée va jouer un rôle clé dans son processus de reconstruction qui touche en réalité à la question de l’indemnisation du Grand Handicap. Les défis auxquels sont confrontées les victimes d’amputations sont vastes, allant de la navigation dans le système de soins de santé à la lutte pour obtenir une indemnisation adéquate pour leurs blessures. À la suite d’un accident de la circulation, une victime peut présenter une multitude de dommages corporels, parmi lesquels l’amputation qui pose des questions spécifiques supposant un travail concerté entre la victime amputée, l’avocat spécialisé, le prothésiste mais aussi l’ergothérapeute.
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BENEZRA AVOCATS - Droit routier et droit du dommage corporel
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