Piéton renversé : quels sont vos droits à indemnisation ?2026-11-03T18:05:11+01:00

Piéton renversé : quels sont vos droits à indemnisation ?

En bref : un piéton renversé par un véhicule terrestre à moteur est indemnisé de l’ensemble de ses préjudices, quelles que soient ses propres fautes, sauf dans l’hypothèse rare d’une faute inexcusable qui serait la cause exclusive de l’accident. C’est ce que prévoit l’article 3 de la loi Badinter du 5 juillet 1985. Le piéton n’a rien à prouver contre le conducteur : c’est l’assureur du véhicule impliqué qui doit organiser son indemnisation.

Les assurances le savent aussi. Mais elles vont tout faire pour vous convaincre du contraire. Elles vont vous dire que vous êtes responsable. Qu’elles ne doivent rien vous verser. Ou qu’elles réduisent votre indemnisation de 30%, 50%, voire 80% – c’est faux.

Cette protection est la plus forte que le droit français accorde à une victime de la route. Mais elle ne dispense pas de vigilance : l’ampleur de l’indemnisation, elle, se construit et se défend, poste de préjudice par poste de préjudice.

Passage piéton. Trottoir. Parking. Sortie d’école. Arrêt de bus. Vous traversez. Et soudain : le choc violent. Voiture. Moto. Camion. Trottinette électrique. Vélo.

Vous êtes au sol. Blessé. Parfois très gravement. Traumatisme crânien. Fractures multiples. Polytraumatisme. Séquelles permanentes.

Et immédiatement, les questions affluent : Vais-je être indemnisé même si je traversais au rouge ? Et si je n’étais pas sur le passage piéton ? Et si je regardais mon téléphone ? Qui va payer mes soins et mon arrêt de travail ? L’automobiliste dit que c’est ma faute, est-ce vrai ?

Voici exactement ce que vous devez savoir pour récupérer tout ce qui vous revient.

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Piéton renversé : 7 situations, 7 réponses

Piéton renversé : quel régime s'applique, et qui vous indemnise ?

Tout dépend de ce qui vous a heurté. Un véhicule à moteur (voiture, moto, bus, trottinette électrique) : la loi Badinter vous indemnise intégralement, même si vous avez commis une faute, sauf faute inexcusable cause exclusive de l'accident (art. 3 de la loi du 5 juillet 1985). Conducteur en fuite ou non assuré : le FGAO. Un vélo ou un animal : le droit commun de la responsabilité civile.

Trouvez votre situation en 3 clics

Répondez aux questions : la carte correspondante s'affiche en surbrillance ci-dessous.

Qu'est-ce qui vous a heurté ?

Le conducteur est-il identifié et assuré ?

La victime avait-elle moins de 16 ans, plus de 70 ans, ou un taux d'incapacité reconnu d'au moins 80 % ?

Accident sur le trajet domicile-travail ? Voir aussi la carte 07.

Loi Badinter

Un véhicule à moteur est en cause

01

Renversé par une voiture, une moto, un camion, un bus

Indemnisation intégrale
Qui paie ?
L'assureur du véhicule impliqué.
Vos fautes comptent-elles ?
Non : traversée au rouge, hors passage, téléphone en main… Seule une faute inexcusable cause exclusive de l'accident peut l'exclure.
02

Enfant de moins de 16 ans, senior de plus de 70 ans, personne invalide à 80 %

Victime « super-protégée »
Qui paie ?
L'assureur du véhicule impliqué.
La particularité
Indemnisé dans tous les cas, même en cas de faute inexcusable : l'enfant qui traverse en courant est intégralement protégé. Seule limite : avoir volontairement recherché le dommage.
Art. 3, al. 2 et 3, loi du 5 juillet 1985
03

Renversé par une trottinette électrique

Loi Badinter, comme une voiture
Qui paie ?
L'assureur de la trottinette, obligatoire pour un engin motorisé. À défaut d'assurance ou d'identification, le FGAO.
Attention
Une trottinette sans moteur n'est pas un véhicule à moteur : c'est alors la carte 05.
Art. 1er et 3, loi du 5 juillet 1985
04

Délit de fuite ou conducteur non assuré

Relais : fonds de garantie
Qui paie ?
Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO).
À faire tout de suite
Porter plainte, relever les témoins, demander les vidéos des commerces. Conditions et délais : notre guide du FGAO.
Art. L. 421-1, I, Code des assurances
Autres régimes

Sans véhicule à moteur, ou sur le trajet du travail

05

Heurté par un cycliste, une trottinette sans moteur, un animal

Responsabilité à démontrer
Qui paie ?
L'assurance responsabilité civile du responsable, souvent incluse dans son contrat habitation. Un partage de responsabilité reste possible.
Et s'il est inconnu ou non assuré ?
Le FGAO peut indemniser vos dommages corporels : conditions. Voir aussi notre fiche piéton percuté par un cycliste.
Art. 1240 et 1242, Code civil ; art. L. 421-1, II, Code des assurances
06

Chute sur un trottoir ou une chaussée dégradée

Pas d'indemnisation automatique
Qui paie ?
La collectivité ou le gestionnaire de la voie, pour défaut d'entretien normal, devant le tribunal administratif. Sinon, votre garantie accidents de la vie si vous en avez une.
Le réflexe
Photographier le défaut avec un repère de taille, noter le lieu exact et relever les témoins.
Responsabilité administrative pour dommage de travaux publics · GAV : contrat d'assurance
07

Accident sur le trajet domicile-travail

Deux régimes articulés
Qui paie ?
La CPAM au titre de l'accident de trajet, puis l'assureur du véhicule impliqué pour le reste.
Pas de double paiement
La CPAM récupère ses débours poste par poste. Vos préjudices personnels (souffrances, agrément, esthétique) restent intégralement à vous.
Art. L. 411-2, CSS ; art. 31, loi de 1985
Piéton renversé : tableau récapitulatif des régimes d'indemnisation
SituationRégimeQui indemnise ?Faute du piéton opposable ?Texte
Renversé par un véhicule à moteurLoi BadinterAssureur du véhiculeNon, sauf faute inexcusable cause exclusiveLoi 85-677, art. 3 al. 1
Piéton de −16 ans, +70 ans ou invalide ≥ 80 %Loi Badinter renforcéeAssureur du véhiculeNon, sauf dommage volontairement recherchéLoi 85-677, art. 3 al. 2-3
Trottinette électriqueLoi BadinterAssureur de l'engin, sinon FGAONon, sauf faute inexcusable cause exclusiveLoi 85-677, art. 1 et 3
Délit de fuite / non assuréFonds de garantieFGAOMêmes règles que BadinterC. assur., L. 421-1 I
Cycliste, trottinette sans moteur, animalDroit communAssurance RC du responsable ; s'il est inconnu ou non assuré, FGAO (dommages corporels)Oui, partage possibleC. civ., 1240 et 1242 ; C. assur., L. 421-1 II
Chute sur trottoir ou chausséeResponsabilité administrative / contratGestionnaire de la voie ou GAVOuiTravaux publics · contrat GAV
Trajet domicile-travailAccident de trajet + BadinterCPAM + assureur du véhiculeSelon le régime BadinterCSS, L. 411-2 ; loi 85-677, art. 31

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Source : Cabinet Benezra Avocats - avocats en droit du dommage corporel - benezra.fr · Textes vérifiés sur Légifrance en septembre 2026. Informations générales, qui ne remplacent pas l'analyse de votre dossier.

Un piéton renversé a-t-il toujours droit à une indemnisation ?

Oui, dans la quasi-totalité des cas. Dès qu’un véhicule terrestre à moteur (voiture, moto, camion, bus, trottinette électrique) est impliqué dans l’accident, le piéton non conducteur bénéficie d’un droit à indemnisation intégrale de ses préjudices corporels, sans que sa propre faute puisse lui être opposée pour la réduire.

La seule exception est la faute inexcusable du piéton, à condition qu’elle soit la cause exclusive de l’accident. Cette exception est appliquée de façon très restrictive par les tribunaux, comme nous le détaillons plus bas.

Pourquoi le piéton est-il la victime la mieux protégée par la loi Badinter ?

La loi du 5 juillet 1985 sur les accidents de la route dite Badinter distingue les conducteurs, dont les fautes de conduite peuvent réduire l’indemnisation, des piétons, cyclistes et passagers, qu’elle qualifie de victimes non conductrices. Ces dernières bénéficient d’un régime nettement plus protecteur : leur faute ordinaire, même une imprudence caractérisée, ne peut jamais leur être opposée.

Cette protection renforcée s’explique par un rapport de force physique déséquilibré : face à un véhicule motorisé, un piéton ne dispose d’aucune protection structurelle. Le législateur a voulu que cette vulnérabilité physique se traduise par une protection juridique accrue.

Selon les données définitives de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 503 piétons ont été tués sur les routes de France métropolitaine en 2025, soit environ 25 % de l’ensemble des personnes tuées sur la route. Les usagers vulnérables (piétons, cyclistes, utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisé, deux-roues motorisés) représentent 47 % des personnes tuées sur la route.

Vous êtes piéton → Vous êtes indemnisé INTÉGRALEMENT → Vos fautes ne comptent pas (sauf exception rarissime).

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Le piéton, dépourvu de toute protection structurelle, est statistiquement la victime la plus gravement atteinte en cas d’accident : traumatismes crâniens, fractures multiples, atteintes orthopédiques durables, mais aussi séquelles moins visibles comme les troubles du stress post-traumatique, les troubles de la mémoire et de la concentration, ou l’anxiété liée à la circulation.

Ces séquelles invisibles sont régulièrement sous-évaluées lorsqu’elles ne sont pas activement recherchées et documentées avant l’expertise médicale. Un rapport d’expertise qui ne les consigne pas ne peut ensuite servir de base à leur indemnisation, ce qui justifie une préparation en amont avec un médecin-conseil indépendant des assureurs.

La logique de la loi Badinter : protéger les plus vulnérables – La loi a donc créé une protection juridique inversement proportionnelle à la protection physique : Plus vous êtes vulnérable physiquement et plus vous êtes protégé juridiquement

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Qu’est-ce que la faute inexcusable du piéton ?

La faute inexcusable est définie par la Cour de cassation comme la faute volontaire d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience (Cass. 2e civ., 20 juillet 1987). Une simple imprudence, même caractérisée, comme traverser en courant ou hors passage protégé, ne suffit pas à elle seule : les tribunaux exigent une exposition délibérée à un danger manifeste. Une faute de cette gravité a par exemple été retenue contre un piéton qui s’était soudainement élancé sur une chaussée d’autoroute depuis un refuge où il se trouvait en sécurité, sans aucune raison valable (Cass. 2e civ., 28 mars 2019, n° 18-15.168).

Nous détaillons dans une fiche dédiée le fonctionnement complet de la faute de la victime, applicable à toutes les catégories d’usagers de la route (piéton, passager, cycliste, conducteur, mineur, senior), avec l’ensemble de la jurisprudence et des évolutions législatives en cours.

« Le piéton bénéficie d’un régime de protection renforcée grâce à la Loi Badinter sur les accidents de la circulation«  Michel Benezra, avocat en droit du dommage corporel

Les mineurs et les personnes âgées bénéficient-ils d’une protection absolue ?

Presque. Les piétons de moins de seize ans, de plus de soixante-dix ans, ou titulaires d’un taux d’incapacité permanente ou d’invalidité d’au moins 80 %, sont indemnisés dans tous les cas, y compris en cas de faute inexcusable de leur part (art. 3, alinéa 2, de la loi du 5 juillet 1985).

Cette protection renforcée connaît toutefois une limite unique, prévue par la loi elle-même : elle ne joue pas lorsque la victime a volontairement recherché le dommage qu’elle a subi, c’est-à-dire dans les hypothèses, très rares en pratique, de recherche intentionnelle de l’accident.

Que se passe-t-il si le piéton n’est pas victime d’un véhicule terrestre à moteur ?

La loi Badinter ne s’applique que lorsqu’un véhicule terrestre à moteur est impliqué dans l’accident. Si le piéton est heurté par un cycliste (consulter l’un de nos articles traitant du sujet?)ou un utilisateur d’un engin de déplacement personnel non motorisé, c’est le régime de responsabilité civile de droit commun qui s’applique : la faute de l’auteur doit être démontrée, et un partage de responsabilité reste possible. Le sigle AVP porté sur vos comptes rendus médicaux ne suffit pas, à lui seul, à établir l’implication d’un véhicule.

Si le conducteur responsable a pris la fuite ou n’était pas assuré, le piéton peut saisir le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO), sous conditions et délais spécifiques.

Personne en fauteuil roulant renversée : bénéficie-t-elle de la protection du piéton ?

Oui. Le Code de la route assimile aux piétons « les infirmes qui se déplacent dans une chaise roulante mue par eux-mêmes ou circulant à l’allure du pas » (article R. 412-34). La personne en fauteuil manuel renversée par un véhicule est donc une victime protégée par la loi Badinter : seule une faute inexcusable, cause exclusive de l’accident, pourrait lui être opposée.

La question était plus discutée pour le fauteuil roulant électrique, que certains assureurs voulaient assimiler à un véhicule terrestre à moteur, ce qui aurait fait de son utilisateur un « conducteur » exposé à la réduction de son indemnisation pour faute. La Cour de cassation a tranché : interprétée à la lumière de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, la loi Badinter ne permet pas de considérer un fauteuil roulant électrique, dispositif médical destiné à compenser une incapacité, comme un véhicule terrestre à moteur (Cass. 2e civ., 6 mai 2021, n° 20-14.551). Son utilisateur heurté par un véhicule bénéficie donc du régime protecteur des victimes non conductrices.

Quels sont les délais que l’assureur doit respecter ?

L’assureur du véhicule impliqué doit présenter une offre d’indemnisation dans un délai maximum de huit mois à compter de l’accident (art. 12 de la loi du 5 juillet 1985, codifié à l’article L. 211-9 du Code des assurances). Si l’assureur n’a pas été informé de la consolidation de la victime dans les trois mois suivant l’accident, cette offre a un caractère provisionnel, et l’offre définitive doit alors intervenir dans un délai de cinq mois suivant la date à laquelle l’assureur a été informé de la consolidation.

Étape Délai légal
Offre (provisionnelle si consolidation non connue) 8 mois à compter de l'accident
Offre définitive après consolidation connue 5 mois à compter de l'information de l'assureur sur la consolidation

En cas de non-respect de ces délais, l’indemnité produit de plein droit un intérêt au double du taux légal jusqu’au jour de l’offre ou du jugement définitif.

« Et si je traverse hors passage protégé ? » Simone T.

 

Traverser hors passage ≠ perte d’indemnisation

L’imprudence du piéton (ex. traversée hors passage/au rouge) ne suffit pas à elle seule à exclure l’indemnisation. l’exclusion n’est possible qu’en cas de faute inexcusable du piéton et si elle est cause exclusive (définition Civ. 2e, 20 juil. 1987). exemples concrets et nuances à l’appui. il n’y a pas non plus de faute inexcusable du piéton qui traverse en dehors des passages protégés sans regarder si la voie est libre (Cour d’appel d’Aix-en-Provence, 28 mars 2013, n o 07/06007).

Les phrases qu'on entend vraiment

Piéton renversé : ce que l'assureur vous dit, ce que la loi répond

Le piéton renversé par un véhicule à moteur est indemnisé intégralement, même s'il a commis une faute, sauf faute inexcusable cause exclusive de l'accident (art. 3 de la loi du 5 juillet 1985). Traversée hors passage, au rouge ou téléphone en main n'y changent rien. Voici six phrases fréquentes dans les dossiers, et ce que prévoient réellement les textes.

Touchez ou survolez une carte pour la retourner.

  • 01 L'assureur vous dit

    Vous traversiez hors du passage piéton : on retient 60 % de responsabilité contre vous.

    La réponse de la loi
    Faux

    Aucun partage de responsabilité pour le piéton

    Face à un véhicule à moteur, vos fautes ordinaires ne peuvent pas vous être opposées. Seule compte la faute inexcusable cause exclusive : par exemple, s'élancer soudainement sur une autoroute depuis un refuge où l'on était en sécurité.

    Art. 3, loi du 5 juillet 1985 ; Cass. 2e civ., 28 mars 2019, n° 18-15.168
  • 02 L'assureur vous dit

    Vous regardiez votre téléphone en traversant.

    La réponse de la loi
    Faux

    L'inattention est une faute ordinaire

    Traverser au rouge, sans regarder ou téléphone en main reste une imprudence, pas une faute « volontaire d'une exceptionnelle gravité ». Elle ne réduit pas votre indemnisation.

    Art. 3, loi du 5 juillet 1985 · Notre fiche sur la faute de la victime
  • 03 L'assureur vous dit

    Le conducteur a fait un malaise : ce n'est pas de sa faute, nous ne devons rien.

    La réponse de la loi
    Faux

    La force majeure ne vous est pas opposable

    La loi Badinter interdit au conducteur et à son assureur de vous opposer la force majeure ou le fait d'un tiers. Malaise ou pas, l'assureur du véhicule doit vous indemniser.

    Art. 2, loi du 5 juillet 1985
  • 04 L'assureur vous dit

    Votre enfant a traversé en courant, sans regarder : c'est de sa faute.

    La réponse de la loi
    Faux

    Un enfant de moins de 16 ans est indemnisé dans tous les cas

    Même une faute inexcusable ne peut pas lui être opposée. Il en va de même pour les piétons de plus de 70 ans et les personnes invalides à 80 % ou plus. Seule limite : avoir volontairement recherché le dommage.

    Art. 3, al. 2 et 3, loi du 5 juillet 1985
  • 05 L'assureur vous dit

    Signez la transaction maintenant, vous serez payé dans la foulée.

    La réponse de la loi
    Piège

    Vous avez 15 jours pour revenir en arrière

    La transaction peut être dénoncée par lettre recommandée dans les 15 jours. Ensuite, elle est définitive : seule une aggravation ultérieure pourra être réclamée. Avant consolidation, ne signez qu'une provision.

    Art. L. 211-16 et L. 211-19, Code des assurances
  • 06 L'assureur vous dit

    L'expertise est une formalité, venez seul : notre médecin s'occupe de tout.

    La réponse de la loi
    Faux

    Vous avez le droit d'être assisté par votre médecin

    Le médecin est mandaté par l'assureur. Vous devez être prévenu 15 jours avant l'examen et informé que vous pouvez vous faire assister d'un médecin de votre choix. C'est là que les séquelles invisibles (troubles cognitifs, peur de traverser) sont retenues, ou oubliées.

    Art. R. 211-43, Code des assurances · Notre guide de l'expertise

Vous avez entendu l'une de ces phrases ? Avant de signer quoi que ce soit, faites relire votre dossier. La première analyse est gratuite et sans engagement.

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Source : Cabinet Benezra Avocats - avocats en droit du dommage corporel - benezra.fr · Textes et arrêts vérifiés sur Légifrance en septembre 2026. Informations générales, qui ne remplacent pas l'analyse de votre dossier.

Que se passe-t-il en cas d’accident mortel ?

En cas de décès du piéton, ses proches, qualifiés de victimes par ricochet, ont droit à l’indemnisation de leur préjudice moral et, le cas échéant, du préjudice économique résultant de la perte de revenus du foyer. Si l’auteur est inconnu ou non assuré, le FGAO peut être saisi pour indemniser l’ensemble de ces préjudices.

Nous avons détaillé, dans une page dédiée aux accidents mortels, les recours des victimes par ricochet (famille…). Vous pourrez obtenir, sur cette même page, un guide des démarches à réaliser en tant que victime par ricochet.

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« Ce que vous devez faire tout de suite ! » Michel Benezra, avocat en droit du dommage corporel

 

  • Constater et conserver les éléments de preuve : procès-verbal/constat, CMI (certificat médical initial), certificats d’urgences, photos/vidéos du lieu, témoignages…

  • Identifier les ‘protagonistes’ : coordonnées du conducteur, de l’assureur, immatriculation ; témoins (formulaire Cerfa 11527*03 + copie d’identité).

  • Récolter les images : demande rapide des vidéos de caméras (commerces/voirie/syndic).

  • Attention, ne pas aller seul(e) à l’expertise médicale : constituer un dossier médical complet, préparer des doléances précises (journal de bord).

  • Nous transmettre : pièces médicales, arrêts de travail, justificatifs de revenus/dépenses, tout échange avec assureurs (Assurance auto/GAV).

Le piéton peut-il être responsable de l’accident ?

Oui c’est possible. La responsabilité du piéton dans un accident avec un véhicule terrestre à moteur est fondamentale non pas pour déterminer ses droits à indemnisation qui sont souvent complets (sauf faute inexcusable) mais pour déterminer ses obligations à indemniser le tiers « victime », même si véhiculé.

Si le piéton adopte un comportement fautif, sa responsabilité peut être engagée, n’affectant pas forcément son droit à réparation mais ses obligations à indemniser (via son assurance habitation par exemple).

Comportements répréhensibles :

  • Traverser hors des passages piétons, alors qu’ils sont à proximité, est une infraction au Code de la route et peut engager la responsabilité du piéton en cas d’accident.
  • Ne pas respecter les signaux lumineux, comme traverser lorsque le feu est rouge, constitue également une faute pouvant engager la responsabilité du piéton.
  • Traverser la chaussée de manière imprudente, sans s’assurer que la voie est libre, peut aussi être considéré comme une faute, particulièrement si cela surprend un conducteur.

Conséquences : Le piéton peut être tenu de compenser les dommages matériels et corporels subis par le conducteur ou d’autres victimes, généralement via son assurance responsabilité civile.

Notre méthode spécifique aux accidents de piétons

Dans les 48h suivant l’accident, nous sécurisons toutes les preuves :

Preuves matérielles :

✓ Photos du lieu : Passage piéton, feux, signalisation, visibilité
✓ Caméras de vidéosurveillance : Commerces, banques, mairie, transports
✓ Traces au sol : Freinage, point de choc, distance
✓ Dégâts du véhicule : Localisation impact (capot, pare-brise…)

Preuves humaines :

✓ Témoins : Attestations écrites (Cerfa 11527*03)
✓ Conducteur : Version des faits, éventuelles contradictions
✓ Secours : Pompiers, SAMU (position victime, gravité)

Preuves médicales :

✓ Certificat médical initial : Urgences (essentiel)
✓ Comptes-rendus hospitalisation : Scanner, IRM, chirurgie
✓ Photos des blessures : Dès J+1

Pourquoi c’est essentiel ?

Parce que même si vos « fautes » ne comptent pas juridiquement, l’assurance va tout faire pour les monter en épingle.

Plus nous avons de preuves que le conducteur aurait pu vous éviter, plus notre position de négociation est forte.

L’assurance va vous contacter rapidement :

Nos actions immédiates :

Mise en demeure : « Intervention du cabinet – tous les courriers doivent nous être envoyés en copie »

  • Demande de provisions : Avances pour frais urgents
  • Refus de l’expertise seul : Exigence d’assistance médicale
  • Courrier de cadrage : Rappel de la loi Badinter

Objectif : Vous protéger des décisions irréversibles.

Spécificité des accidents de piétons :  toujours plusieurs types de séquelles.

Notre protocole de vérification systématique :

1° Expertise physique (traumatologue)

✓ Fractures consolidées (bassin, membres)
✓ Séquelles orthopédiques
✓ Limitations fonctionnelles
✓ Douleurs chroniques
✓ Appareillage nécessaire

2° Expertise neuropsychologique (si traumatisme crânien)

✓ Tests de mémoire (15 à 20 tests)
✓ Tests d’attention et concentration
✓ Évaluation fatigabilité
✓ Impact vie quotidienne
✓ Impact professionnel

3° Expertise psychiatrique (si besoin)

✓ Syndrome post-traumatique
✓ Phobie de traverser
✓ Anxiété généralisée
✓ Dépression réactionnelle
✓ Impact vie familiale

4° Expertise ergothérapique (si séquelles lourdes)

✓ Aide humaine nécessaire (heures/jour)
✓ Aménagement du domicile
✓ Aides techniques
✓ Véhicule adapté

Sans cette approche complète :

Vous obtenez : 40 000 € (fractures consolidées)

Avec notre protocole complet :

Vous obtenez : +300 000 € (séquelles physiques + cognitives + psy + aide humaine)

écart : 260 000 €

Nous appliquons la nomenclature Dintilhac avec des points d’attention spécifiques aux piétons :

1° Préjudices patrimoniaux

Pertes de gains professionnels (souvent très élevées)
Incidence professionnelle (impossibilité de reprendre certains métiers)
Assistance tierce personne (aide quotidienne à vie)
Aménagement du logement (plain-pied, barres d’appui…)
Frais de santé futurs (kiné à vie, consultations…)

2° Préjudices extra-patrimoniaux

  • Déficit Fonctionnel Permanent (DFP)
  • Souffrances endurées (chirurgies, rééducation)
  • Préjudice esthétique (cicatrices, boiterie)
  • Préjudice d’agrément (impossibilité de marcher, faire du sport)
  • Préjudice sexuel (impact couple)
  • Stress post-traumatique (phobie de traverser)

Pour chaque poste : Jurisprudence la plus favorable + Argumentation personnalisée

Notre position :

→ Indemnisation intégrale ou tribunal
→ Pas de compromis sur les séquelles invisibles
→ Pas de transaction avant consolidation complète

Si l’assurance refuse :

Assignation devant le tribunal
Expertise judiciaire contradictoire
Plaidoirie par Maître Benezra
Jugement condamnant l’assurance
Accompagnement pénal :

✓ Constitution de partie civile
✓ Condamnation du conducteur
✓ Dommages et intérêts symboliques

Notre partenaire : 60 millions de piétons 

piéton victimes

Les situations spécifiques aux piétons (et nos solutions)

Vous marchiez sur le trottoir. Un véhicule vous a percuté.

Responsabilité : 100 % du conducteur. Il est interdit de circuler sur le trottoir. La force majeure n’est .

L’assurance du conducteur affirme : « Le conducteur a eu un malaise, ce n’est pas sa faute. »

Notre réponse : Ce n’est pas vrai. Quel que soit le motif, que ce soit un malaise ou autre chose, le conducteur reste responsable civilement. Son assurance doit vous indemniser.

Indemnisation typique : entre 150 000 € et 800 000 €, selon la gravité des blessures.

Parking de supermarché, centre commercial ou parking souterrain.

Spécificité : La zone de circulation apaisée exige une vigilance renforcée du conducteur.

Ce que dit l’assurance : « Vous ne regardiez pas, vous étiez entre deux voitures. »

Notre réponse : Faux. Dans un parking, le conducteur doit adapter sa vitesse aux piétons (Loi Badinter s’applique).

Résultat : Indemnisation intégrale même si vous ne regardiez pas.

Votre situation : vous avez plus de 70 ans.

Protection renforcée :

→ Aucune faute ne peut vous être opposée (même pas la faute inexcusable)

→ 100 % d’indemnisation garantie

→ Prise en compte de l’espérance de vie (préjudices futurs calculés sur durée de vie)

Spécificités indemnisation :

✓ Assistance tierce personne majorée (perte autonomie)

✓ Aménagement domicile (plain-pied, monte-escalier)

✓ Préjudice d’agrément (perte de la marche = perte d’autonomie)

Votre enfant (âgé de moins de 16 ans) a été heurté.

Protection optimale :

→ Aucune faute ne peut être imputée à l’enfant

→ Indemnisation à 100 % même s’il courait en traversant

→ Préjudices pris en compte sur toute la durée de vie (80 ans)

Particularités de l’indemnisation :

✓ Préjudice scolaire (retard, redoublement)

✓ Préjudice d’établissement (impossibilité de mener à bien un projet de vie)

✓ Aide d’une tierce personne pour les parents (congés, soins)

✓ Indemnisation des parents (préjudice d’affection, stress post-traumatique)

Percuté par une trottinette électrique (EDPM).

Le droit applicable est la loi Badinter, car la trottinette électrique est considérée comme un véhicule terrestre à moteur. Cela signifie que la situation est traitée de la même manière qu’un accident impliquant une voiture.

Un grand nombre de conducteurs de trottinettes électriques ne sont pas assurés.

Voici les solutions possibles :
– Le responsable est assuré : vous obtiendrez une indemnisation via son assurance (attention, son objectif sera de payer le moins possible).
– Le responsable n’est pas assuré : vous pouvez saisir le Fonds de Garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO).

Un de vos proches, qu’il s’agisse d’un conjoint, d’un enfant ou d’un parent, est décédé.

Vos droits en tant que victime par ricochet :
– Préjudice moral : entre 25 000 € et 50 000 € pour chaque proche concerné.
– Préjudice économique : perte des revenus du défunt, allant de 300 000 € à 1 500 000 €.
– Préjudice d’accompagnement : impossibilité d’accompagner votre proche dans ses derniers instants.
– Stress post‑traumatique : dépression et impossibilité de travailler, pouvant atteindre entre 70 000 € et 180 000 €.
– Frais d’obsèques : remboursement intégral.

Notre accompagnement :

✓ Constitution de partie civile pour toute la famille.

✓ Expertise psychiatrique pour évaluer la dépression et le stress post‑traumatique.

✓ Calcul du préjudice économique sur l’ensemble de la carrière.

✓ Plaidoirie lors du procès pénal.

FAQ – Piéton victime

que se passe-t-il si le conducteur a pris la fuite ou n’est pas assuré ?2026-10-24T20:15:37+02:00
Réponse:
Oui, vous n’êtes pas sans recours. en france, on peut saisir le fonds de garantie (fga-o) lorsque l’auteur est inconnu, insolvable ou non assuré, sous conditions et délais stricts. la logique reste la même : preuves (témoignages, vidéos urbaines, constat de police), expertise contradictoire, chiffrage complet. si l’accident s’est produit à l’étranger ou implique un véhicule étranger, d’autres mécanismes existent (bureaux nationaux, mandataires). nous vérifions aussi vos garanties personnelles (GAV, prévoyance) pour cumuler les indemnités compatibles et réduire le reste à charge.
APPEL CABINET
ai-je encore des droits si j’ai déjà été indemnisé(e) 1ere fois ?2026-10-24T20:15:37+02:00
Réponse:
Oui, dans certains cas on peut rouvrir le dossier (aggravation de l’état, besoins nouveaux, préjudice professionnel qui se révèle, séquelles psychiques reconnues plus tard, etc.). juridiquement, l’aggravation permet une nouvelle indemnisation des éléments apparus ou révélés après la première transaction/jugement. on réévalue l’état médico-légal, on documente l’impact concret (arrêts, pertes de gains, aide humaine accrue, soins), puis on sollicite une nouvelle expertise et une indemnisation complémentaire. là encore, l’indépendance médico-légale et la qualité des preuves font la différence ; nous gérons la stratégie et les délais.
APPEL CABINET
que faire si l’assureur me fait une « première offre rapide » ?2026-10-24T20:15:37+02:00
Réponse:
Oui, ne signez rien sans avis spécialisé. ces offres « flash » interviennent souvent avant une consolidation solide et sans prise en compte exhaustive des préjudices (notamment aide humaine, avenir professionnel, troubles psy, frais futurs, aménagements). accepter trop tôt gèle vos droits et empêche d’obtenir ultérieurement ce qui n’a pas été évalué. nous réclamons d’abord les provisions, organisons l’expertise contradictoire, puis chiffrons poste par poste selon le référentiel dintilhac. ensuite, négociation ferme sur une base argumentée ; à défaut, action en justice. l’objectif : une indemnisation complète, pas partielle.
APPEL CABINET
puis-je refuser l’expert de l’assurance ?2026-10-24T20:15:39+02:00
Réponse:
Oui, vous ne choisissez pas l’expert adverse, mais vous avez le droit d’être assisté(e) par votre médecin-conseil de victimes, indépendant des assureurs — c’est même essentiel. l’expertise « à huis clos » ou non contradictoire est à proscrire : nous exigeons la convocation de toutes les parties, préparons vos doléances (retentissement dans la vie quotidienne, douleurs, travail, famille), apportons les pièces médicales utiles (imagerie, rééducations, psychiatrique si besoin) et contestons les points techniques (cohérence clinique, barèmes, taux DFP/AIPP, aide humaine, besoins futurs). si l’amiable est biaisée ou insuffisante, nous demandons une expertise judiciaire pour sécuriser le processus et la valeur du dossier.
APPEL CABINET
combien de temps cela prend-il ?2026-10-24T20:15:39+02:00
Réponse:
Oui, dès l’ouverture du dossier, nous visons une provision (avance) pour faire face aux dépenses urgentes. sous badinter, l’assureur du vtm doit présenter une offre d’indemnité dans les 8 mois de l’accident (art. 12), mais l’indemnisation intégrale intervient souvent après la consolidation médicale (quand l’état est stabilisé) et/ou une expertise judiciaire si l’amiable bloque. selon la gravité et la posture de l’assureur, comptez plusieurs mois à plus d’un an pour aller au bout — parfois moins si l’offre est sérieuse et le dossier bien préparé. notre rôle : cadencer le dossier (calendrier écrit), accélérerles jalons (expertise, offre), refuser les transactions sous-évaluées et plaider si l’offre reste insuffisante.
APPEL CABINET
et si c’est un vélo ou une trottinette non motorisée ?2026-10-24T20:15:39+02:00
Réponse:
Dans ce cas, la loi badinter ne s’applique pas (pas de véhicule terrestre à moteur). on retombe sur la responsabilité civilede l’auteur (cycliste/trottinettiste) et/ou de son assureur RC (ou garantie accidents de la vie, selon les contrats). le principe devient celui d’un partage éventuel des fautes : on reconstitue la scène (témoignages, vidéos, photos, constat, signalisation) pour établir la faute déterminante et maximiser votre indemnisation. la méthode reste la même côté victime : expertise médico-légale contradictoire, chiffrage complet (souffrances, DFP/AIPP, pertes de gains, aide humaine, incidence professionnelle…), négociation ferme, puis action en justice si nécessaire. nous vérifions aussi l’existence d’une assurance annexe (RC scolaire, clubs, copropriété, GAV).
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ai-je droit à une indemnisation si j’ai traversé au rouge ?2026-10-24T20:15:39+02:00
Réponse:
oui, en principe oui. pour un piéton, la loi badinter (art. 3) protège les « non-conducteurs » : votre faute n’est pas opposable, sauf faute inexcusable et cause exclusive de l’accident. or, la faute inexcusable est définie de façon très restrictive par la jurisprudence (faute volontaire d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable à un danger dont on a conscience). traverser au rouge, hors passage, ou regarder son téléphone ne suffit généralement pas à priver la victime de son droit à indemnisation. on analysera néanmoins les circonstances (visibilité, vitesse, comportement du conducteur) pour consolider votre droit et écarter toute contestation. en pratique, nous réclamons une provision rapide, organisons l’expertise contradictoire et chiffrons l’ensemble des postes de préjudice (barème dintilhac).
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CAS RÉÉL : Franck, piéton percuté a obtenu plus de 540.000 euros, en plus des provisions déjà versées – dossier traité par le cabinet – En savoir + sur cette affaire ?

chèque de 542000 euros obtenus pour les préjudices d'un piéton percuté par un véhicule

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