PIÉTON RENVERSÉ OU PERCUTÉ : QUELS SONT VOS DROITS À indemnisation ?
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Un piéton renversé par un véhicule terrestre à moteur est indemnisé de l’ensemble de ses préjudices, quelles que soient ses propres fautes, sauf dans l’hypothèse rare d’une faute inexcusable qui serait la cause exclusive de l’accident. C’est ce que prévoit l’article 3 de la loi Badinter du 5 juillet 1985. Le piéton n’a rien à prouver contre le conducteur : c’est l’assureur du véhicule impliqué qui doit organiser son indemnisation.
Les assurances le savent aussi. Mais elles vont TOUT faire pour vous convaincre du contraire. Elles vont vous dire que vous êtes responsable. Qu’elles ne doivent rien vous verser. Ou qu’elles réduisent votre indemnisation de 30%, 50%, voire 80% – c’est faux.
Cette protection est la plus forte que le droit français accorde à une victime de la route. Mais elle ne dispense pas de vigilance : l’ampleur de l’indemnisation, elle, se construit et se défend, poste de préjudice par poste de préjudice.
Voici exactement ce que vous devez savoir pour récupérer tout ce qui vous revient.
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Un piéton renversé a-t-il toujours droit à une indemnisation ?
Oui, dans la quasi-totalité des cas. Dès qu’un véhicule terrestre à moteur (voiture, moto, camion, bus, trottinette électrique) est impliqué dans l’accident, le piéton non conducteur bénéficie d’un droit à indemnisation intégrale de ses préjudices corporels, sans que sa propre faute puisse lui être opposée pour la réduire.
La seule exception est la faute inexcusable du piéton, à condition qu’elle soit la cause exclusive de l’accident. Cette exception est appliquée de façon très restrictive par les tribunaux, comme nous le détaillons plus bas.
Pourquoi le piéton est-il la victime la mieux protégée par la loi Badinter ?
La loi du 5 juillet 1985 sur les accidents de la route dite Badinter distingue les conducteurs, dont les fautes de conduite peuvent réduire l’indemnisation, des piétons, cyclistes et passagers, qu’elle qualifie de victimes non conductrices. Ces dernières bénéficient d’un régime nettement plus protecteur : leur faute ordinaire, même une imprudence caractérisée, ne peut jamais leur être opposée.
Cette protection renforcée s’explique par un rapport de force physique déséquilibré : face à un véhicule motorisé, un piéton ne dispose d’aucune protection structurelle. Le législateur a voulu que cette vulnérabilité physique se traduise par une protection juridique accrue.
Selon les données définitives de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 503 piétons ont été tués sur les routes de France métropolitaine en 2025, soit environ 16 % de l’ensemble des personnes tuées sur la route. Les usagers vulnérables (piétons, cyclistes, utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisé, deux-roues motorisés) représentent 40 % des personnes tuées sur la route.
Article 3 de la loi Badinter « Les victimes, hormis les conducteurs de véhicules terrestres à moteur, sont indemnisées des dommages résultant des atteintes à leur personne qu’elles ont subis, sans que puisse leur être opposée leur propre faute à l’exception de leur faute inexcusable si elle a été la cause exclusive de l’accident. »
Vous êtes piéton → Vous êtes indemnisé INTÉGRALEMENT → Vos fautes ne comptent PAS (sauf exception rarissime).

La logique de la loi Badinter : protéger les plus vulnérables – La loi a donc créé une protection juridique inversement proportionnelle à la protection physique : Plus vous êtes vulnérable physiquement et plus vous êtes protégé juridiquement

CAS TRAITÉS
Ce sont des dizaine de milliers de cas traités par le cabinet Benezra avocats, constituant alors une expérience sans équivalence, au service de la victime de la route et de sa famille.
Qu’est-ce que la faute inexcusable du piéton ?
La faute inexcusable est définie par la Cour de cassation comme la faute volontaire d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience (Cass. 2e civ., 20 juillet 1987). Une simple imprudence, même caractérisée, comme traverser en courant ou hors passage protégé, ne suffit pas à elle seule : les tribunaux exigent une exposition délibérée à un danger manifeste. Une faute de cette gravité a par exemple été retenue contre un piéton qui s’était soudainement élancé sur une chaussée d’autoroute depuis un refuge où il se trouvait en sécurité, sans aucune raison valable (Cass. 2e civ., 28 mars 2019, n° 18-15.168).
Nous détaillons dans une fiche dédiée le fonctionnement complet de la faute de la victime, applicable à toutes les catégories d’usagers de la route (piéton, passager, cycliste, conducteur, mineur, senior), avec l’ensemble de la jurisprudence et des évolutions législatives en cours.
« Le piéton bénéficie d’un régime de protection renforcée grâce à la Loi Badinter sur les accidents de la circulation« Michel Benezra, avocat en droit du dommage corporel
Les mineurs et les personnes âgées bénéficient-ils d’une protection absolue ?
Presque. Les piétons de moins de seize ans, de plus de soixante-dix ans, ou titulaires d’un taux d’incapacité permanente ou d’invalidité d’au moins 80 %, sont indemnisés dans tous les cas, y compris en cas de faute inexcusable de leur part (art. 3, alinéa 2, de la loi du 5 juillet 1985).
Cette protection renforcée connaît toutefois une limite unique, prévue par la loi elle-même : elle ne joue pas lorsque la victime a volontairement recherché le dommage qu’elle a subi, c’est-à-dire dans les hypothèses, très rares en pratique, de recherche intentionnelle de l’accident.
Que se passe-t-il si le piéton n’est pas victime d’un véhicule terrestre à moteur ?
La loi Badinter ne s’applique que lorsqu’un véhicule terrestre à moteur est impliqué dans l’accident. Si le piéton est heurté par un cycliste (consulter l’un de nos articles traitant du sujet?)ou un utilisateur d’un engin de déplacement personnel non motorisé, c’est le régime de responsabilité civile de droit commun qui s’applique : la faute de l’auteur doit être démontrée, et un partage de responsabilité reste possible.
Si le conducteur responsable a pris la fuite ou n’était pas assuré, le piéton peut saisir le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO), sous conditions et délais spécifiques.
Quels sont les délais que l’assureur doit respecter ?
L’assureur du véhicule impliqué doit présenter une offre d’indemnisation dans un délai maximum de huit mois à compter de l’accident (art. 12 de la loi du 5 juillet 1985, codifié à l’article L. 211-9 du Code des assurances). Si l’assureur n’a pas été informé de la consolidation de la victime dans les trois mois suivant l’accident, cette offre a un caractère provisionnel, et l’offre définitive doit alors intervenir dans un délai de cinq mois suivant la date à laquelle l’assureur a été informé de la consolidation.
| Étape | Délai légal |
|---|---|
| Offre (provisionnelle si consolidation non connue) | 8 mois à compter de l'accident |
| Offre définitive après consolidation connue | 5 mois à compter de l'information de l'assureur sur la consolidation |
En cas de non-respect de ces délais, l’indemnité produit de plein droit un intérêt au double du taux légal jusqu’au jour de l’offre ou du jugement définitif.
« Et si je traverse hors passage protégé ? » Simone T.
Traverser hors passage ≠ perte d’indemnisation
L’imprudence du piéton (ex. traversée hors passage/au rouge) ne suffit pas à elle seule à exclure l’indemnisation. l’exclusion n’est possible qu’en cas de faute inexcusable du piéton et si elle est cause exclusive (définition Civ. 2e, 20 juil. 1987). exemples concrets et nuances à l’appui. il n’y a pas non plus de faute inexcusable du piéton qui traverse en dehors des passages protégés sans regarder si la voie est libre (Cour d’appel d’Aix-en-Provence, 28 mars 2013, n o 07/06007).
Ce que les assurances ne vous disent jamais ?
Elles vont inverser les rôles avec un scénario classique :
Jour 1 – Vous êtes renversé. Traumatisme crânien. Bassin fracturé. Hospitalisation 3 semaines.
Jour 15 – L’assurance vous appelle à l’hôpital : « Bonjour, nous enquêtons sur l’accident. Vous étiez bien hors du passage piéton ? Vous regardiez votre téléphone ? Vous avez traversé sans regarder ? »
Elles vous font croire que vous êtes responsable
Jour 30 – Première lettre de l’assurance : « Suite à notre enquête, il apparaît que vous avez commis plusieurs fautes. Votre responsabilité est engagée à 60%. Nous vous proposons 8 000 € en transaction. »
Elles vous font croire que vous avez de la chance d’avoir quelque chose.
La réalité juridique :
→ Vous êtes la victime
→ Le conducteur est le responsable, toujours (civilement)
→ Vos « fautes » ne comptent pas
→ Vous méritez 180 000 €, pas 8 000 €
Mais si vous signez, vous perdez 172 000 € définitivement.
Que se passe-t-il en cas d’accident mortel ?

En cas de décès du piéton, ses proches, qualifiés de victimes par ricochet, ont droit à l’indemnisation de leur préjudice moral et, le cas échéant, du préjudice économique résultant de la perte de revenus du foyer. Si l’auteur est inconnu ou non assuré, le FGAO peut être saisi pour indemniser l’ensemble de ces préjudices.
Nous avons détaillé, dans un article dédié aux accidents mortels que nous conseillons de consulter rapidement puisque vous pourrez obtenir un guide des démarches à réaliser en tant que victime par ricochet.
« Ce que vous devez faire tout de suite ! » Michel Benezra, avocat en droit du dommage corporel
Constater et conserver les éléments de preuve : procès-verbal/constat, CMI (certificat médical initial), certificats d’urgences, photos/vidéos du lieu, témoignages…
Identifier les ‘protagonistes’ : coordonnées du conducteur, de l’assureur, immatriculation ; témoins (formulaire Cerfa 11527*03 + copie d’identité).
Récolter les images : demande rapide des vidéos de caméras (commerces/voirie/syndic).
Attention, ne pas aller seul(e) à l’expertise médicale : constituer un dossier médical complet, préparer des doléances précises (journal de bord).
Nous transmettre : pièces médicales, arrêts de travail, justificatifs de revenus/dépenses, tout échange avec assureurs (Assurance auto/GAV).
Quels sont vos droits, simplement sans jargon
Le piéton bénéficie d’une protection renforcée dans tous les cas.
-
si un véhicule terrestre à moteur est impliqué (vtm) : application de la loi Badinter (indemnisation de vos préjudices corporels ; votre propre faute ne vous est pas opposable sauf faute inexcusable cause exclusive de l’accident).
-
faute inexcusable : la Cour de cassation la définit ultra-restrictivement : « faute volontaire d’une exceptionnelle gravité… » ; traverser au rouge ou hors passage ne suffit pas en soi (exemples jurisprudentiels de 1987). En savoir + sur les différentes fautes ?
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si pas de vtm (cycliste / VAE / trottinette sans moteur) : régime responsabilité civile classique (partage des fautes possible ; action contre l’auteur et/ou son assureur RC, GAV, etc.).
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chute trottoir/chaussée (trou, obstacle, entretien défectueux) : responsabilité de la collectivité ou du gestionnaire si défaut avéré ; si obstacle lié à un engin, la Badinter peut parfois rejouer (engin = vtm).
-
délais offre : l’assureur du vtm doit présenter une offre dans les 8 mois de l’accident (art. 12)
CAS RÉÉL : Franck, piéton percuté a obtenu plus de 540.000 euros, en plus des provisions déjà versées – dossier traité par le cabinet – En savoir + sur cette affaire ?

Les situations spécifiques aux piétons (et nos solutions)
FAQ – Piéton victime
Réponse:
Oui, vous n’êtes pas sans recours. en france, on peut saisir le fonds de garantie (fga-o) lorsque l’auteur est inconnu, insolvable ou non assuré, sous conditions et délais stricts. la logique reste la même : preuves (témoignages, vidéos urbaines, constat de police), expertise contradictoire, chiffrage complet. si l’accident s’est produit à l’étranger ou implique un véhicule étranger, d’autres mécanismes existent (bureaux nationaux, mandataires). nous vérifions aussi vos garanties personnelles (GAV, prévoyance) pour cumuler les indemnités compatibles et réduire le reste à charge.
Réponse:
Oui, dans certains cas on peut rouvrir le dossier (aggravation de l’état, besoins nouveaux, préjudice professionnel qui se révèle, séquelles psychiques reconnues plus tard, etc.). juridiquement, l’aggravation permet une nouvelle indemnisation des éléments apparus ou révélés après la première transaction/jugement. on réévalue l’état médico-légal, on documente l’impact concret (arrêts, pertes de gains, aide humaine accrue, soins), puis on sollicite une nouvelle expertise et une indemnisation complémentaire. là encore, l’indépendance médico-légale et la qualité des preuves font la différence ; nous gérons la stratégie et les délais.
Réponse:
Oui, ne signez rien sans avis spécialisé. ces offres « flash » interviennent souvent avant une consolidation solide et sans prise en compte exhaustive des préjudices (notamment aide humaine, avenir professionnel, troubles psy, frais futurs, aménagements). accepter trop tôt gèle vos droits et empêche d’obtenir ultérieurement ce qui n’a pas été évalué. nous réclamons d’abord les provisions, organisons l’expertise contradictoire, puis chiffrons poste par poste selon le référentiel dintilhac. ensuite, négociation ferme sur une base argumentée ; à défaut, action en justice. l’objectif : une indemnisation complète, pas partielle.
Réponse:
Oui, vous ne choisissez pas l’expert adverse, mais vous avez le droit d’être assisté(e) par votre médecin-conseil de victimes, indépendant des assureurs — c’est même essentiel. l’expertise « à huis clos » ou non contradictoire est à proscrire : nous exigeons la convocation de toutes les parties, préparons vos doléances (retentissement dans la vie quotidienne, douleurs, travail, famille), apportons les pièces médicales utiles (imagerie, rééducations, psychiatrique si besoin) et contestons les points techniques (cohérence clinique, barèmes, taux DFP/AIPP, aide humaine, besoins futurs). si l’amiable est biaisée ou insuffisante, nous demandons une expertise judiciaire pour sécuriser le processus et la valeur du dossier.
Réponse:
Oui, dès l’ouverture du dossier, nous visons une provision (avance) pour faire face aux dépenses urgentes. sous badinter, l’assureur du vtm doit présenter une offre d’indemnité dans les 8 mois de l’accident (art. 12), mais l’indemnisation intégrale intervient souvent après la consolidation médicale (quand l’état est stabilisé) et/ou une expertise judiciaire si l’amiable bloque. selon la gravité et la posture de l’assureur, comptez plusieurs mois à plus d’un an pour aller au bout — parfois moins si l’offre est sérieuse et le dossier bien préparé. notre rôle : cadencer le dossier (calendrier écrit), accélérerles jalons (expertise, offre), refuser les transactions sous-évaluées et plaider si l’offre reste insuffisante.
Réponse:
Dans ce cas, la loi badinter ne s’applique pas (pas de véhicule terrestre à moteur). on retombe sur la responsabilité civilede l’auteur (cycliste/trottinettiste) et/ou de son assureur RC (ou garantie accidents de la vie, selon les contrats). le principe devient celui d’un partage éventuel des fautes : on reconstitue la scène (témoignages, vidéos, photos, constat, signalisation) pour établir la faute déterminante et maximiser votre indemnisation. la méthode reste la même côté victime : expertise médico-légale contradictoire, chiffrage complet (souffrances, DFP/AIPP, pertes de gains, aide humaine, incidence professionnelle…), négociation ferme, puis action en justice si nécessaire. nous vérifions aussi l’existence d’une assurance annexe (RC scolaire, clubs, copropriété, GAV).
Réponse:
oui, en principe oui. pour un piéton, la loi badinter (art. 3) protège les « non-conducteurs » : votre faute n’est pas opposable, sauf faute inexcusable et cause exclusive de l’accident. or, la faute inexcusable est définie de façon très restrictive par la jurisprudence (faute volontaire d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable à un danger dont on a conscience). traverser au rouge, hors passage, ou regarder son téléphone ne suffit généralement pas à priver la victime de son droit à indemnisation. on analysera néanmoins les circonstances (visibilité, vitesse, comportement du conducteur) pour consolider votre droit et écarter toute contestation. en pratique, nous réclamons une provision rapide, organisons l’expertise contradictoire et chiffrons l’ensemble des postes de préjudice (barème dintilhac).
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