Accident de la route en Europe : comment une victime française est-elle indemnisée ?
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→ Réparation des dommages corporels
→ Indemnisation des préjudices corporels
Une victime française d’un accident de la route survenu dans un pays européen peut être indemnisée par l’assureur du responsable (via son représentant en France), et à défaut par le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO), qui agit alors comme organisme d’indemnisation pour les accidents survenus dans l’Espace économique européen. La loi qui s’applique à l’indemnisation reste toutefois, dans la grande majorité des cas, celle du pays où l’accident a eu lieu, et non la loi française (loi Badinter).
Nous accompagnons régulièrement des victimes françaises accidentées en Europe (si accident à l’étranger mais hors Europe cliquez ici), en identifiant la voie d’indemnisation adaptée à leur situation et en assurant, si nécessaire, le lien avec un confrère du pays concerné.
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Pourquoi un accident en Europe n’est-il pas traité comme un accident en France ?
Beaucoup de victimes pensent, à tort, qu’un accident survenu dans un pays de l’Union européenne sera traité comme s’il avait eu lieu en France, notamment parce que l’Union européenne a harmonisé les règles d’assurance automobile. C’est une confusion fréquente, et elle peut coûter cher.
L’harmonisation européenne concerne principalement l’obligation d’assurance et les mécanismes qui permettent à la victime de trouver rapidement un interlocuteur en France. Elle ne signifie pas que la loi française s’applique à l’indemnisation, ni que les montants d’indemnisation seront les mêmes que ceux pratiqués devant un tribunal français. Deux victimes présentant des séquelles comparables peuvent obtenir des indemnisations très différentes selon que l’accident a eu lieu en France ou chez un voisin européen.
Le risque concret est de laisser un assureur étranger, ou son représentant en France, proposer une offre construite sur la base d’un droit et d’un barème qui ne sont pas ceux, plus protecteurs, du droit français, sans que la victime ait les moyens de savoir si cette offre est juste.
Quelle loi s’applique à un accident de la route survenu en Europe ?
En principe, c’est la loi du pays où l’accident s’est produit qui régit l’indemnisation, y compris pour une victime française accidentée dans un autre État membre de l’Union européenne.
Deux textes pourraient sembler concurrents sur ce point : le règlement européen dit « Rome II » sur la loi applicable aux obligations non contractuelles, et la Convention de La Haye du 4 mai 1971 sur la loi applicable aux accidents de la circulation routière, à laquelle la France est partie depuis 1971. La Cour de cassation a tranché cette question : la Convention de La Haye n’ayant pas été conclue exclusivement entre États membres de l’Union européenne, elle continue de s’appliquer par priorité sur le règlement Rome II pour les accidents de la circulation. C’est donc elle qui gouverne, en pratique, la détermination de la loi applicable.
Cette convention pose une règle simple : la loi applicable est celle du pays où l’accident a eu lieu. Elle prévoit toutefois une exception : lorsque tous les véhicules impliqués dans l’accident sont immatriculés dans le même État, c’est la loi de cet État qui s’applique. Un Français seul au volant d’un véhicule immatriculé en France, victime d’un accident sans autre véhicule impliqué, ou heurté par un autre véhicule également immatriculé en France, pourra donc voir la loi française s’appliquer à son indemnisation. Dans les autres cas, la loi française ne s’applique pas.
Sur le plan pénal, en revanche, c’est toujours la loi du pays où l’accident a eu lieu qui détermine la responsabilité du conducteur fautif.

Ce sont des dizaine de milliers de cas traités par le cabinet Benezra avocats, constituant alors une expérience sans équivalence, au service de la victime de la route et de sa famille.
Qui indemnise concrètement une victime française accidentée en Europe ?
Pourquoi la CIVI n’est-elle plus toujours compétente pour un accident survenu en Europe ?
Pendant plusieurs années, des victimes françaises ont pu obtenir une indemnisation par la commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) pour des accidents de la route survenus à l’étranger, dès lors qu’une infraction pouvait être caractérisée. La Cour de cassation a mis fin à cette pratique pour les accidents survenus dans l’Espace économique européen, par un arrêt du 24 septembre 2020 : dans une affaire concernant un accident mortel survenu au Portugal, elle a jugé que les dommages relevant de la compétence du FGAO comme organisme d’indemnisation sont, de ce fait même, exclus de la compétence de la CIVI, peu important que l’intervention du FGAO ne soit que subsidiaire.
Cette décision a une conséquence pratique importante : pour un accident survenu dans l’Union européenne, la voie normale d’indemnisation passe désormais par l’assureur du responsable ou par le FGAO, et non plus par la CIVI. La CIVI conserve en revanche sa compétence pour les accidents constitutifs d’une infraction survenus hors de l’Espace économique européen, dès lors que les autres conditions posées par la loi sont réunies.
Les indemnisations sont-elles identiques dans tous les pays européens ?
Non, et c’est un point souvent sous-estimé par les victimes. Le droit français, issu de la loi du 5 juillet 1985 dite loi Badinter, offre une protection particulièrement forte au piéton, au cycliste ou au passager non conducteur, à qui une faute ne peut pratiquement jamais être opposée pour réduire son indemnisation. Cette approche n’est pas partagée par l’ensemble des pays européens : certains systèmes juridiques admettent plus facilement qu’une faute de la victime, y compris non conductrice, vienne réduire son droit à réparation. Les postes de préjudices reconnus, les méthodes de calcul et les montants alloués peuvent également varier sensiblement d’un pays à l’autre.
Cette diversité renforce l’intérêt, pour une victime française, de vérifier systématiquement si une voie française d’indemnisation lui est ouverte avant d’accepter une offre construite sur un droit étranger potentiellement moins favorable.
« Nous pouvons vous aider, en France, en Europe, et dans le monde, dès lors qu’un véhicule est impliqué. » Michel Benezra, avocat en droit du dommage corporel
Quelles démarches effectuer après un accident de la route en Europe ?
- remplir un constat amiable de type européen avec l’autre conducteur, en étant attentif à ce qui est signé, car il sera ensuite difficile de revenir sur les déclarations ;
- prévenir les autorités locales et obtenir, si possible, un procès-verbal, notamment en cas de délit de fuite ou d’infraction caractérisée ;
- consulter un médecin sur place et conserver l’intégralité du dossier médical (certificat médical initial, comptes rendus, examens) ;
- rassembler les coordonnées des témoins et des photographies des lieux et des véhicules ;
- déclarer le sinistre à son propre assureur automobile, sans pour autant signer d’accord ni accepter une offre avant d’avoir vérifié la voie d’indemnisation la plus favorable.
Comment le cabinet Benezra Avocats accompagne-t-il les victimes accidentées en Europe ?
Nous déterminons d’abord la loi applicable à l’indemnisation, en vérifiant l’immatriculation des véhicules impliqués et le pays de survenance de l’accident. Nous identifions ensuite l’interlocuteur pertinent : représentant français de l’assureur étranger, ou FGAO lorsque les conditions sont réunies.
Nous préparons la victime à l’expertise médicale, quel que soit le pays où elle se déroule, afin qu’aucun poste de préjudice ne soit minoré. Nous évaluons ensuite l’indemnisation selon la nomenclature Dintilhac lorsque le droit applicable le permet, et nous négocions fermement face à l’assureur ou au fonds de garantie compétent. Lorsque la voie amiable n’aboutit pas à une offre juste, nous saisissons la juridiction compétente.
Quelle voie d’indemnisation selon votre situation ?
| Situation | Loi applicable en principe | Voie de recours possible |
|---|---|---|
| Véhicules impliqués tous immatriculés en France | Loi française | Assureur français directement |
| Véhicule étranger responsable, assureur identifié et réactif | Loi du pays de l'accident | Représentant de l'assureur étranger en France |
| Assureur étranger silencieux, sans représentant, ou véhicule non identifié | Loi du pays de l'accident | FGAO comme organisme d'indemnisation (Espace économique européen) |
| Accident survenu au Royaume-Uni | Loi du pays de l'accident | Correspondant carte verte, mécanisme FGAO-EEE non applicable depuis le Brexit |
Ce tableau présente des situations types à titre indicatif. La voie de recours dépend de l’analyse précise de chaque dossier.
FAQ – Victime d’un accident en Europe
Réponse:
Pas nécessairement. Si la loi d’un autre pays européen s’applique, les postes de préjudice reconnus et les montants alloués peuvent différer sensiblement de ceux pratiqués en France, notamment pour les victimes non conductrices.
Réponse:
Oui. Depuis le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni n’appartient plus à l’Espace économique européen. Le mécanisme de saisine du FGAO propre aux accidents intra-européens ne s’applique donc plus de la même manière ; le dispositif carte verte reste en revanche applicable.
Réponse:
Si aucune offre motivée n’est présentée dans un délai de trois mois, si l’assureur n’a pas désigné de représentant en France, ou si le véhicule responsable ne peut être identifié dans les deux mois suivant l’accident, le FGAO peut être saisi comme organisme d’indemnisation, sous réserve que l’accident soit survenu dans l’Espace économique européen.
Réponse:
En principe non, depuis un arrêt de la Cour de cassation de septembre 2020, qui a exclu de la compétence de la CIVI les accidents relevant du FGAO comme organisme d’indemnisation européen. La CIVI reste compétente pour les accidents constitutifs d’une infraction survenus hors de l’Espace économique européen.
Réponse:
Non. La loi applicable est en principe celle du pays où l’accident a eu lieu. La loi française ne s’applique que si tous les véhicules impliqués sont immatriculés en France.
Dans cette vidéo, Maître Benezra explique comment il combat les refus de prise en considération des traumatismes invisibles au cours des expertises médico-légales, pour obtenir l’indemnisation des préjudices invisibles.
Pourquoi choisir le cabinet BENEZRA pour votre accident corporel ?
« Le temps est l’ennemi des victimes, surtout lorsqu’elles sont en situation de détresse financière. »
N’attendez pas. Chaque jour qui passe affaiblit votre dossier.
Un accident en Europe demande une vérification précise, pas une présomption
La proximité géographique et l’harmonisation européenne de l’assurance automobile ne signifient pas que votre indemnisation sera traitée comme en France. Chaque dossier suppose de vérifier la loi applicable, l’interlocuteur compétent et la voie de recours la plus favorable.
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