Passager victime d’un accident de la route : quels sont vos droits à indemnisation ?
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Un passager blessé dans un accident de la route a droit à l’indemnisation intégrale de ses préjudices corporels, que le conducteur soit fautif, alcoolisé, un ami ou un membre de sa famille.
Seule sa propre faute inexcusable, cause exclusive de l’accident, pourrait lui être opposée, et les juges ne la retiennent presque jamais. C’est l’assureur du véhicule, ou le fonds de garantie, qui paie : jamais le conducteur de sa poche. C’est ce que prévoit l’article 3 de la loi Badinter du 5 juillet 1985.
Voici exactement ce que vous devez savoir pour récupérer TOUT ce qui vous revient.
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Passager blessé : 8 situations, 8 réponses
Passager d'un véhicule : quel régime d'indemnisation, et qui paie ?
Une seule question compte : étiez-vous transporté par un véhicule à moteur ? Voiture, moto, scooter, taxi, VTC, bus ou car : la loi Badinter s'applique, même si vous aviez payé votre place, et l'assureur du véhicule vous indemnise, sauf faute inexcusable cause exclusive de l'accident (art. 1 et 3 de la loi du 5 juillet 1985). Conducteur inconnu ou non assuré : c'est le FGAO. Le train et le tramway sur voie propre sont exclus de ce régime.
Trouvez votre situation en 3 clics
Répondez aux questions : la carte correspondante s'affiche en surbrillance ci-dessous.
Dans quel véhicule étiez-vous transporté ?
Place avant ou arrière, trajet payant ou gratuit : cela ne change rien à vos droits.
Le véhicule responsable est-il identifié et assuré ?
Aviez-vous moins de 16 ans, plus de 70 ans, ou un taux d'incapacité reconnu d'au moins 80 % ?
Vous étiez passager d'un véhicule à moteur
Passager de la voiture d'un proche (ami, conjoint, parent)
- Qui paie ?
- L'assureur de la voiture. Les membres de la famille du conducteur sont des tiers : vous ne réclamez rien à votre proche.
- Vos fautes comptent-elles ?
- Non : ceinture non bouclée, conducteur alcoolisé accepté… ne réduisent pas votre indemnisation. Seule une faute inexcusable cause exclusive de l'accident peut l'exclure.
Passager d'une moto ou d'un scooter
- Qui paie ?
- L'assureur du deux-roues, ou celui de tout autre véhicule impliqué.
- Vos fautes comptent-elles ?
- Non : ceinture non bouclée, conducteur alcoolisé accepté… ne réduisent pas votre indemnisation. Seule une faute inexcusable cause exclusive de l'accident peut l'exclure.
Passager d'un taxi, d'un VTC ou d'un covoiturage
- Qui paie ?
- L'assureur du véhicule, que la course ait été payée ou non.
- Vos fautes comptent-elles ?
- Non : ceinture non bouclée, conducteur alcoolisé accepté… ne réduisent pas votre indemnisation. Seule une faute inexcusable cause exclusive de l'accident peut l'exclure.
Passager d'un bus ou d'un car
- Qui paie ?
- L'assureur du transporteur, ou celui de l'autre véhicule impliqué.
- Vos fautes comptent-elles ?
- Non : ceinture non bouclée, conducteur alcoolisé accepté… ne réduisent pas votre indemnisation. Seule une faute inexcusable cause exclusive de l'accident peut l'exclure.
Enfant de moins de 16 ans, senior de plus de 70 ans, invalide à 80 %
- Qui paie ?
- L'assureur du véhicule impliqué.
- Vos fautes comptent-elles ?
- Aucune, pas même la faute inexcusable. Seul le dommage volontairement recherché exclut l'indemnisation.
⚡ Passager ou conducteur ? Après un accident grave, l'assureur conteste parfois qui était au volant, pour vous appliquer le régime moins favorable du conducteur. Lorsque la qualité de conducteur n'est pas établie, la victime peut se prévaloir de celle de passager (Cass. 2e civ., 4 nov. 2004, n° 03-16.424).
Pas d'assureur identifiable, ou véhicule volé
Conducteur en fuite ou non assuré
- Qui paie ?
- Le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO).
- Vos fautes comptent-elles ?
- Mêmes règles que la loi Badinter. Attention : délais et conditions de saisine spécifiques.
Passager d'un véhicule volé
- Qui paie ?
- L'assureur du véhicule, si vous ignoriez le vol.
- Vos fautes comptent-elles ?
- Le contrat exclut seulement les auteurs, coauteurs et complices du vol.
Transport ferroviaire sur voie propre
Train ou tramway circulant sur sa propre voie
- Qui paie ?
- Le transporteur, selon le régime applicable, à analyser au cas par cas.
- Vos fautes comptent-elles ?
- Selon le régime retenu : l'analyse du dossier est indispensable.
| Situation | Régime | Qui indemnise ? | Faute du passager opposable ? | Texte |
|---|---|---|---|---|
| Passager d'un véhicule à moteur (voiture, moto, taxi, VTC, bus, car) | Loi Badinter | Assureur du véhicule impliqué | Non, sauf faute inexcusable cause exclusive | Loi 85-677, art. 1 et 3 al. 1 |
| Passager de −16 ans, +70 ans ou invalide ≥ 80 % | Loi Badinter renforcée | Assureur du véhicule impliqué | Non, sauf dommage volontairement recherché | Loi 85-677, art. 3 al. 2-3 |
| Conducteur membre de la famille ou proche | Loi Badinter | Assureur du véhicule | Non | C. assur., L. 211-1 |
| Conducteur en fuite ou non assuré | Fonds de garantie | FGAO | Mêmes règles que Badinter | C. assur., L. 421-1 I |
| Véhicule volé, passager de bonne foi | Loi Badinter | Assureur du véhicule | Non | C. assur., L. 211-1 |
| Passager auteur ou complice du vol | Exclu de la garantie du contrat | À analyser | — | C. assur., L. 211-1 |
| Train ou tramway sur voie propre | Hors loi Badinter | Transporteur, selon le régime applicable | Selon le régime | Loi 85-677, art. 1 |
Loi Badinter : les délais que l'assureur doit respecter
Un assureur en retard paie plus cher. Ces délais sont votre levier.
- JL'accidentPoint de départ des délais légaux.
- 3 mConsolidation connue ?Si l'assureur ne la connaît pas à 3 mois, son offre peut n'être que provisionnelle.
- 8 mOffre obligatoireAu plus tard 8 mois après l'accident.
- +5 mOffre définitiveDans les 5 mois suivant l'information de la consolidation. À défaut : intérêts au double du taux légal.
Art. L. 211-9 et L. 211-13 du Code des assurances. Le délai le plus favorable à la victime s'applique. La pénalité peut être réduite par le juge pour des circonstances non imputables à l'assureur. Pour agir en justice, vous disposez de dix ans à compter de la consolidation (art. 2226 du Code civil).
Votre situation ne rentre dans aucune case, ou l'assureur conteste ? C'est souvent là que se joue l'essentiel de votre indemnisation. Première analyse gratuite et sans engagement.
☎ 01 45 24 00 40Source : Cabinet Benezra Avocats - avocats en droit du dommage corporel - benezra.fr · Textes vérifiés sur Légifrance en septembre 2026. Informations générales, qui ne remplacent pas l'analyse de votre dossier.
Un passager est-il indemnisé même si c’est son propre conducteur qui a provoqué l’accident ?
Oui. Le passager n’a pas à prouver la faute de qui que ce soit : il lui suffit d’établir qu’il se trouvait à bord et qu’il a été blessé. L’assureur du véhicule doit l’indemniser, y compris lorsque le conducteur est seul en cause (perte de contrôle, sortie de route, choc contre un arbre).
Cette situation est loin d’être marginale : en 2025, 54 % des occupants de voiture tués l’ont été dans un accident sans autre usager impliqué (ONISR, bilan provisoire 2025). Pour le conducteur, sa propre faute peut réduire ou supprimer son indemnisation (art. 4 de la loi du 5 juillet 1985). Pour le passager assis à côté de lui, elle ne change rien.
Le conducteur est un proche : faut-il « l’attaquer » pour être indemnisé ?
Non. Vous ne demandez rien à votre proche : vous faites jouer l’assurance qu’il est tenu de souscrire pour circuler. Le Code des assurances précise d’ailleurs que les membres de la famille du conducteur ou de l’assuré sont des tiers, protégés par cette assurance comme n’importe quelle autre victime (art. L. 211-1).
En pratique, la réclamation est adressée à l’assureur, pas au conducteur. Renoncer à votre indemnisation par délicatesse ne protège pas votre proche : cela ne profite qu’à la compagnie d’assurance.
Qu’est-ce qu’une faute inexcusable du passager, et pourquoi n’est-elle presque jamais retenue ?
La Cour de cassation définit la faute inexcusable comme la faute volontaire d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience (Ass. plén., 10 nov. 1995, n° 94-13.912). Cette définition est toujours appliquée aujourd’hui (Cass. 2e civ., 21 déc. 2023, n° 22-18.480).
Encore faut-il que cette faute soit la cause exclusive de l’accident, ce qui est très difficile à démontrer pour quelqu’un qui ne conduit pas. Les juges ont ainsi refusé de priver d’indemnisation un passager ivre, sans ceinture, qui avait insisté pour monter à l’avant et s’était affalé sur le conducteur au point de lui faire perdre le contrôle (Cass. 2e civ., 20 mars 1996, n° 93-10.240), ou une passagère de taxi qui avait ouvert la portière sur l’autoroute alors qu’elle se trouvait dans un état de confusion (Cass. 2e civ., 2 mars 2017, n° 16-11.986).

CAS TRAITÉS
Ce sont des dizaine de milliers de cas traités par le cabinet Benezra avocats, constituant alors une expérience sans équivalence, au service de la victime de la route et de sa famille.
Monter avec un conducteur qui a bu, ne pas attacher sa ceinture : l’assureur peut-il réduire l’indemnisation ?
Non, en principe. Le défaut de ceinture et le fait d’accepter de monter avec un conducteur alcoolisé sont des imprudences, pas des fautes inexcusables causes exclusives de l’accident.
La Cour de cassation va plus loin : même le propriétaire d’une moto qui en avait confié le guidon à une personne qu’il savait ivre, et qui s’était installé derrière elle, a été indemnisé. Sa faute pouvait être qualifiée d’inexcusable, mais elle n’était pas la cause exclusive de l’accident (Cass. 2e civ., 4 nov. 2004, n° 03-16.424).
Le passager peut-il se voir réclamer de l’argent s’il a lui-même contribué à l’accident ?
Non, pas par l’assureur du véhicule dans lequel il était transporté. Cette assurance doit couvrir la responsabilité civile des passagers (art. L. 211-1 du Code des assurances). Après avoir indemnisé les victimes, l’assureur ne peut donc pas se retourner contre son propre passager.
La Cour de cassation l’a jugé pour un passager qui avait sorti le bras par la fenêtre au moment où une moto dépassait le véhicule, ce qui avait provoqué l’accident (Cass. 2e civ., 30 mars 2023, n° 21-17.466).

D’ EXPERTISE
Le Cabinet BENEZRA ne traite pas « occasionnellement » des accidents de la route.
C’est notre cœur de métier depuis plus de 20 ans avec des millions d’euros obtenus pour nos clients victimes.
Taxi, VTC, covoiturage, bus : la protection est-elle la même ?
Oui. La loi Badinter s’applique aux victimes transportées « en vertu d’un contrat » comme aux passagers transportés gratuitement (art. 1 de la loi du 5 juillet 1985). Que vous ayez payé une course, réservé une place de covoiturage ou pris un bus, vous êtes indemnisé selon les mêmes règles.
Ce qui change, c’est l’interlocuteur : l’assureur de l’exploitant du taxi, du VTC ou de la compagnie de transport. Conservez la réservation, le reçu ou le titre de transport : ils permettent d’identifier rapidement le véhicule et son assureur.
Les enfants passagers bénéficient-ils d’une protection renforcée ?
Oui. Un passager de moins de 16 ans, de plus de 70 ans, ou titulaire d’un titre lui reconnaissant un taux d’incapacité d’au moins 80 %, est indemnisé dans tous les cas, même s’il a commis une faute inexcusable. Seul le dommage qu’il a volontairement recherché fait exception (art. 3, al. 2 et 3 de la loi du 5 juillet 1985).
Aucune faute de l’adulte qui transportait l’enfant ne peut non plus lui être opposée.
Que se passe-t-il si le conducteur n’était pas assuré, a pris la fuite, ou si la voiture était volée ?
Le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO) indemnise les victimes lorsque le responsable est inconnu ou n’est pas assuré (art. L. 421-1 du Code des assurances). Les conditions et délais de saisine sont spécifiques : il faut agir vite.
Si vous étiez passager d’un véhicule volé sans le savoir, l’assurance du véhicule reste tenue. Le contrat n’exclut que les auteurs, coauteurs et complices du vol (art. L. 211-1 du Code des assurances).
Les phrases qu'on entend vraiment
Ce que l'assureur vous dit, ce que la loi répond
Touchez ou survolez une carte pour la retourner.
-
01 L'assureur vous dit
Vous n'aviez pas attaché votre ceinture : on retient une part de responsabilité contre vous.
La réponse de la loi FauxLe défaut de ceinture ne vous prive pas de vos droits
Pour un passager, seule une faute inexcusable, cause exclusive de l'accident, peut être opposée. Un passager ivre, sans ceinture, qui s'était affalé sur le conducteur, a pourtant été indemnisé.
Art. 3, loi du 5 juillet 1985 · Cass. 2e civ., 20 mars 1996 -
02 L'assureur vous dit
Vous saviez que le conducteur avait bu. Vous avez accepté le risque.
La réponse de la loi FauxAccepter un risque n'est pas causer l'accident
Même une faute qualifiée d'inexcusable ne suffit pas si elle n'est pas la cause exclusive de l'accident. La Cour de cassation l'a jugé pour un propriétaire qui avait confié sa moto à un conducteur ivre et s'était installé derrière lui.
Cass. 2e civ., 4 nov. 2004, n° 03-16.424 -
03 L'assureur vous dit
C'est votre ami qui conduisait. Vous ne voulez pas lui causer d'ennuis ?
La réponse de la loi PiègeC'est l'assurance qui paie, pas votre ami
La réclamation vise l'assureur du véhicule, pas le conducteur. La loi range les membres de la famille du conducteur parmi les tiers protégés par son assurance obligatoire. Renoncer ne profite qu'à la compagnie.
Art. L. 211-1, Code des assurances -
04 L'assureur vous dit
Votre geste a provoqué l'accident : nous allons nous retourner contre vous.
La réponse de la loi FauxL'assureur du véhicule couvre aussi ses passagers
Il doit garantir la responsabilité civile des passagers du véhicule. Après avoir indemnisé les victimes, il ne peut donc pas exercer de recours contre le passager qu'il assure.
Cass. 2e civ., 30 mars 2023, n° 21-17.466 · art. L. 211-1, Code des assurances -
05 L'assureur vous dit
Signez la transaction maintenant, vous serez payé dans la foulée.
La réponse de la loi PiègeVous avez 15 jours pour revenir en arrière
La transaction peut être dénoncée par lettre recommandée dans les 15 jours. Passé ce délai, elle est définitive : seule une aggravation ultérieure de votre état pourra encore être réclamée. Avant de signer, faites-la relire.
Art. L. 211-16 et L. 211-19, Code des assurances -
06 L'assureur vous dit
L'expertise est une formalité, venez seul : notre médecin s'occupe de tout.
La réponse de la loi FauxVous avez le droit d'être assisté par votre médecin
Le médecin est mandaté par l'assureur. Vous devez être prévenu 15 jours avant l'examen et informé que vous pouvez vous faire assister d'un médecin de votre choix. C'est lors de l'expertise que les séquelles invisibles (troubles cognitifs, stress post-traumatique) sont retenues, ou oubliées.
Art. R. 211-43, Code des assurances · Notre guide de l'expertise
Vous avez entendu l'une de ces phrases ? Avant de signer quoi que ce soit, faites relire votre dossier. La première analyse est gratuite et sans engagement.
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Que se passe-t-il en cas d’accident mortel ?
Ses proches deviennent victimes par ricochet : conjoint, enfants, parents, frères et sœurs peuvent obtenir réparation de leur préjudice d’affection, de leur préjudice économique et des frais d’obsèques, selon la nomenclature Dintilhac.
La loi prévoit que leur indemnisation suit les limites applicables à la victime directe (art. 6 de la loi du 5 juillet 1985). Pour un passager, qui ne pouvait presque jamais se voir opposer sa faute, les proches sont donc indemnisés dans les mêmes conditions protectrices.
Chaque préjudice dépend de la situation familiale et professionnelle du défunt : voir notre page proches et victimes par ricochet.
Notre méthode en 4 étapes pour maximiser votre indemnisation

FAQ – Passager victime d’un accident
Non. Il lui suffit d’établir sa présence à bord et ses blessures ; l’assureur du véhicule impliqué doit l’indemniser, quelle que soit la faute du conducteur.
Non. L’indemnisation par l’assureur est indépendante des poursuites pénales. Demandez toutefois la référence du procès-verbal : il établit les circonstances de l’accident.
Oui. La loi Badinter protège le passager transporté gratuitement comme celui qui a payé sa place.
Dix ans à compter de la consolidation de vos blessures (art. 2226 du Code civil). L’assureur, lui, doit vous faire une offre au plus tard 8 mois après l’accident (art. L. 211-9 du Code des assurances).
La solution : le Cabinet BENEZRA maîtrise parfaitement les droits des passagers
Un cabinet dédié aux victimes de la route, passagers compris
Voiture d’un proche, moto, taxi, VTC, bus ou car : le Cabinet BENEZRA défend chaque année des passagers blessés, et les familles de passagers décédés. Nous savons démontrer que la faute reprochée n’est pas inexcusable, identifier le bon assureur ou saisir le FGAO, et faire reconnaître chaque poste de préjudice.
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