Un accident avec un animal sauvage est-il indemnisé par le FGAO ?
En bref : Oui, un accident corporel provoqué par un animal sauvage peut être indemnisé par le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO), y compris lorsque vous étiez seul(e) au volant et que vous avez évité l’animal sans le percuter directement. Mais ce type de dossier est parmi les plus difficiles à faire aboutir : sans tiers identifié, sans témoin, la victime doit apporter elle-même la preuve de ce qui s’est réellement passé. C’est exactement la difficulté à laquelle Maria a été confrontée – et que nous avons fini par surmonter devant le juge. Si vous n’êtes pas dans ce cas, consultez notre fiche dédiée au FGAO en général – ici
115 000 euros obtenus pour Maria, après un refus de l’assurance et du FGAO
Pourquoi ces dossiers sont-ils si difficiles à faire indemniser ?
Un accident avec un animal sauvage vous prive, par nature, de tout contradicteur humain : pas de second véhicule, pas de constat amiable, souvent pas de témoin. Or c’est précisément cette absence de tiers qui pousse les assureurs et le FGAO à contester la réalité même de l’accident : selon eux, rien ne prouve qu’un animal a réellement traversé la route, ni que votre manœuvre d’évitement – ou le choc lui-même – en est la cause directe.
C’est exactement ce qui est arrivé à Maria : ayant eu un accident seule, en tentant d’éviter un animal, son assurance a refusé de la croire et le FGAO a adopté la même position.
Que faire immédiatement après un accident avec un animal sauvage pour préserver vos preuves ?
Cette checklist ne remplace pas les gestes de sécurité habituels après tout accident de la route – poser le triangle réglementaire, enfiler le gilet jaune, appeler les secours en cas de blessure. Elle se concentre sur un point que les guides généraux n’abordent pas : comment conserver la trace de l’existence de l’animal, seule preuve qui vous permettra d’être indemnisé.
- Ne déplacez rien et ne nettoyez rien avant d’avoir photographié la scène : traces de sang, poils, impact sur la carrosserie, position de la carcasse si l’animal est mort sur place.
- Si l’animal a pris la fuite, contactez systématiquement la police ou la gendarmerie, même en l’absence de blessure grave, afin que les forces de l’ordre constatent elles-mêmes les traces laissées par l’animal sur la chaussée ou sur votre véhicule – un procès-verbal reste, à ce jour, l’élément de preuve le plus solide pour ce type de dossier.
- Photographiez la zone : présence ou absence de panneaux » traversée de gibier « , configuration des lieux, proximité d’un bois ou d’une forêt.
- Relevez tout témoin potentiel, même un automobiliste qui ne s’est pas arrêté sur le moment mais que vous pourriez identifier par la suite (numéro de plaque partiel, heure de passage).
- Conservez les débris ou traces matérielles sur votre véhicule jusqu’à l’expertise, sans engager de réparation qui les ferait disparaître.
Si vous disposez d’une dashcam, sauvegardez immédiatement les images avant qu’elles ne soient automatiquement écrasées.
Un dossier incomplet sur ce point expose la victime à une contestation pure et simple de l’assureur ou du FGAO, qui peut arguer d’une cause inconnue ou d’un sinistre non prouvé – c’est très exactement l’obstacle que nous avons dû surmonter dans le dossier de Maria.
| Situation | Vos dommages corporels | Dommages corporels des passagers |
|---|---|---|
| Choc direct avec l'animal, garantie du conducteur souscrite | Indemnisation contractuelle, dans la limite des plafonds prévus | RC obligatoire du véhicule, due quelle que soit la cause |
| Choc direct avec l'animal, sans garantie du conducteur | FGAO en relais, sous conditions de preuve et de délai | RC obligatoire du véhicule, due quelle que soit la cause |
| Manœuvre d'évitement, sans collision avec l'animal | Garantie du conducteur et/ou FGAO, si la preuve de l'évitement est rapportée | RC obligatoire du véhicule, due quelle que soit la cause |
| Animal domestique identifié (troupeau, élevage, parc clos) | Action contre le propriétaire ou son assureur (art. 1243 du Code civil) | Idem |
| Accident de chasse (tireur ou organisateur identifié) | Responsabilité civile du chasseur, assurance chasse obligatoire | Idem, ou FGAO si le chasseur n'est pas assuré |
Source : Cabinet Benezra Avocats - avocats en droit du dommage corporel - benezra.fr

CAS TRAITÉS
Ce sont des dizaine de milliers de cas traités par le cabinet Benezra avocats, constituant alors une expérience sans équivalence, au service de la victime de la route et de sa famille.
Le FGAO indemnise-t-il automatiquement ces accidents ?
Non. Un accident impliquant uniquement un animal sauvage, sans aucun véhicule tiers impliqué, ne constitue pas un accident de la circulation au sens de la loi Badinter du 5 juillet 1985 : la victime ne peut donc pas invoquer ce régime protecteur.
C’est le FGAO qui peut prendre le relais, à titre subsidiaire, mais seulement si la preuve de l’accident et de son lien avec l’animal est suffisamment établie – d’où l’importance déterminante de la checklist ci-dessus. La saisine du FGAO doit intervenir dans un délai de trois ans à compter de l’accident, puisque l’animal, par définition, n’a pas de propriétaire identifié.
Quel est le rôle de la vitesse dans ces dossiers ?
La vitesse du conducteur peut faire basculer l’issue du dossier. La Cour de cassation a jugé qu’un conducteur ayant heurté un sanglier avant de dévier sa trajectoire et de percuter un véhicule arrivant en sens inverse ne pouvait pas invoquer la force majeure dès lors que sa vitesse excessive était elle-même constitutive d’une faute en lien direct avec l’accident (Cass. crim., 25 septembre 2001, n° 01-80.100, publié au Bulletin).
Autrement dit, la seule apparition soudaine d’un animal ne suffit pas à exonérer totalement un conducteur : si sa vitesse était inadaptée aux circonstances (zone boisée, visibilité réduite, nuit), cet élément peut être retenu contre lui.
À l’inverse, lorsque la vitesse était appropriée, ce point doit être solidement établi – relevés, témoins, configuration des lieux – pour faire échec à toute contestation infondée de l’assureur ou du FGAO.

D’ EXPERTISE
Le Cabinet BENEZRA ne traite pas « occasionnellement » des accidents de la route.
C’est notre cœur de métier depuis plus de 20 ans avec des millions d’euros obtenus pour nos clients victimes.
La commune peut-elle être tenue responsable de la présence de l’animal sur la route ?
Dans de rares cas, oui, mais la barre est fixée haut. Selon la jurisprudence administrative, la responsabilité de la collectivité gestionnaire de la voirie ne peut être engagée que si l’accident résulte d’un défaut d’entretien normal de la voie, par exemple l’absence de signalisation » traversée de gibier » dans un secteur pourtant connu pour être accidentogène (Conseil d’État, 30 juillet 2003, n° 238015).
À l’inverse, la traversée soudaine d’un animal sauvage constitue en principe un événement imprévisible qui exonère l’administration, sauf lorsqu’un danger était déjà connu ou signalé (Conseil d’État, 27 octobre 2006, n° 283256).
Ce volet du dossier, souvent laissé de côté par les victimes elles-mêmes, mérite d’être systématiquement examiné.
Voir notre article sur le sujet passé sur TF1 ?
Notre résultat : l’histoire de Maria

» Merci, merci, merci «
– c’est par ces mots que Maria a accueilli, chaque année depuis, le souvenir de ce dossier qu’elle ne croyait plus pouvoir gagner.
Maria a eu un accident de la route seule, alors qu’elle tentait d’éviter un animal.
Hospitalisée et soignée pour ses blessures corporelles, elle s’est heurtée à un double refus : celui de sa propre assurance, et celui du FGAO, qui n’a pas cru à sa version des faits faute de tiers pour la corroborer.
Plusieurs cabinets spécialisés en réparation du dommage corporel, sollicités par Maria, ont refusé son dossier, jugeant le risque d’échec trop élevé pour un mode de rémunération qui repose largement sur le résultat obtenu.
Notre cabinet a accepté cette mission difficile et a porté l’affaire devant le juge.
À l’issue de la procédure, Maria a obtenu une indemnisation de 115 000 euros pour l’ensemble de ses préjudices corporels.
FAQ – collision avec un animal sauvage
Réponse:
Trois ans à compter de l’accident, l’animal n’ayant par définition pas de propriétaire identifié.
Consulter la fiche : le FGAO
Réponse:
Il peut le contester, mais un refus n’est jamais définitif : un dossier de preuves solide (traces, procès-verbal, configuration des lieux) et, si nécessaire, une action devant le tribunal judiciaire permettent souvent de renverser cette position.
Consulter la fiche : le FGAO
Réponse:
Oui, à condition de démontrer que la manœuvre d’évitement est bien à l’origine directe de l’accident, notamment grâce aux preuves recueillies sur place et à l’intervention des forces de l’ordre.
Consulter la fiche : le FGAO
Votre prochain pas, et il n’y en a qu’un
Si vous avez été blessé dans un accident de la route, si vous avez reçu une offre d’indemnisation, si vous avez subi une expertise médicale seul, si vous êtes en désaccord avec l’assureur : consultez avant de prendre la moindre décision.
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