Un accident avec un animal sauvage est-il indemnisé par le FGAO ?2026-09-02T16:49:32+02:00

Un accident avec un animal sauvage est-il indemnisé par le FGAO ?

En bref : Oui, un accident corporel provoqué par un animal sauvage peut être indemnisé par le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO), y compris lorsque vous étiez seul(e) au volant et que vous avez évité l’animal sans le percuter directement. Mais ce type de dossier est parmi les plus difficiles à faire aboutir : sans tiers identifié, sans témoin, la victime doit apporter elle-même la preuve de ce qui s’est réellement passé. C’est exactement la difficulté à laquelle Maria a été confrontée – et que nous avons fini par surmonter devant le juge. Si vous n’êtes pas dans ce cas, consultez notre fiche dédiée au FGAO en général – ici

115 000 euros obtenus pour Maria, après un refus de l’assurance et du FGAO

APPEL CABINET

Pourquoi ces dossiers sont-ils si difficiles à faire indemniser ?

Un accident avec un animal sauvage vous prive, par nature, de tout contradicteur humain : pas de second véhicule, pas de constat amiable, souvent pas de témoin. Or c’est précisément cette absence de tiers qui pousse les assureurs et le FGAO à contester la réalité même de l’accident : selon eux, rien ne prouve qu’un animal a réellement traversé la route, ni que votre manœuvre d’évitement – ou le choc lui-même – en est la cause directe.

C’est exactement ce qui est arrivé à Maria : ayant eu un accident seule, en tentant d’éviter un animal, son assurance a refusé de la croire et le FGAO a adopté la même position.

Que faire immédiatement après un accident avec un animal sauvage pour préserver vos preuves ?

Cette checklist ne remplace pas les gestes de sécurité habituels après tout accident de la route – poser le triangle réglementaire, enfiler le gilet jaune, appeler les secours en cas de blessure. Elle se concentre sur un point que les guides généraux n’abordent pas : comment conserver la trace de l’existence de l’animal, seule preuve qui vous permettra d’être indemnisé.

  1. Ne déplacez rien et ne nettoyez rien avant d’avoir photographié la scène : traces de sang, poils, impact sur la carrosserie, position de la carcasse si l’animal est mort sur place.
  2. Si l’animal a pris la fuite, contactez systématiquement la police ou la gendarmerie, même en l’absence de blessure grave, afin que les forces de l’ordre constatent elles-mêmes les traces laissées par l’animal sur la chaussée ou sur votre véhicule – un procès-verbal reste, à ce jour, l’élément de preuve le plus solide pour ce type de dossier.
  3. Photographiez la zone : présence ou absence de panneaux  » traversée de gibier « , configuration des lieux, proximité d’un bois ou d’une forêt.
  4. Relevez tout témoin potentiel, même un automobiliste qui ne s’est pas arrêté sur le moment mais que vous pourriez identifier par la suite (numéro de plaque partiel, heure de passage).
  5. Conservez les débris ou traces matérielles sur votre véhicule jusqu’à l’expertise, sans engager de réparation qui les ferait disparaître.
    Si vous disposez d’une dashcam, sauvegardez immédiatement les images avant qu’elles ne soient automatiquement écrasées.

Un dossier incomplet sur ce point expose la victime à une contestation pure et simple de l’assureur ou du FGAO, qui peut arguer d’une cause inconnue ou d’un sinistre non prouvé – c’est très exactement l’obstacle que nous avons dû surmonter dans le dossier de Maria.

Situation Vos dommages corporels Dommages corporels des passagers
Choc direct avec l'animal, garantie du conducteur souscrite Indemnisation contractuelle, dans la limite des plafonds prévus RC obligatoire du véhicule, due quelle que soit la cause
Choc direct avec l'animal, sans garantie du conducteur FGAO en relais, sous conditions de preuve et de délai RC obligatoire du véhicule, due quelle que soit la cause
Manœuvre d'évitement, sans collision avec l'animal Garantie du conducteur et/ou FGAO, si la preuve de l'évitement est rapportée RC obligatoire du véhicule, due quelle que soit la cause
Animal domestique identifié (troupeau, élevage, parc clos) Action contre le propriétaire ou son assureur (art. 1243 du Code civil) Idem
Accident de chasse (tireur ou organisateur identifié) Responsabilité civile du chasseur, assurance chasse obligatoire Idem, ou FGAO si le chasseur n'est pas assuré

Source : Cabinet Benezra Avocats - avocats en droit du dommage corporel - benezra.fr

le cabinet benezra avocats, spécialisé en droit du dommage corporel a traité plus de 10000 cas

CAS TRAITÉS

Ce sont des dizaine de milliers de cas traités par le cabinet Benezra avocats, constituant alors une expérience sans équivalence, au service de la victime de la route et de sa famille.

Le FGAO indemnise-t-il automatiquement ces accidents ?

Non. Un accident impliquant uniquement un animal sauvage, sans aucun véhicule tiers impliqué, ne constitue pas un accident de la circulation au sens de la loi Badinter du 5 juillet 1985 : la victime ne peut donc pas invoquer ce régime protecteur.

C’est le FGAO qui peut prendre le relais, à titre subsidiaire, mais seulement si la preuve de l’accident et de son lien avec l’animal est suffisamment établie – d’où l’importance déterminante de la checklist ci-dessus. La saisine du FGAO doit intervenir dans un délai de trois ans à compter de l’accident, puisque l’animal, par définition, n’a pas de propriétaire identifié.

RÉSUMÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE

Le 13 août 2020, M. [H] [L], alors âgé de 22 ans (né le [Date naissance 1] 1997 en Afrique du Sud), circulait sur une moto d’enduro de marque Husqvarna dans la forêt de [Localité 12] (Creuse) lorsqu’il a perdu le contrôle de son véhicule et a chuté. Son ami M. [F] [S], qui le suivait en quad sans être témoin direct de l’accident, est arrivé peu après sur les lieux et a appelé les secours. L’accident a occasionné de multiples fractures ainsi qu’un grave traumatisme crânien avec hémorragie méningée et œdème cérébral, laissant M. [L] dans un état neuro-végétatif nécessitant des aides humaines 24 heures sur 24. M. [L] est décédé le [Date décès 5] 2024. Sa mère Mme [G] [L], agissant en qualité de tutrice puis d’ayant droit, ainsi que M. [B] [Z], ont soutenu que l’accident avait été provoqué par un choc avec un animal sauvage, invoquant la présence de poils retrouvés sur la fourche de la moto photographiés le lendemain par M. [S]. Ils ont assigné le FGAO et l’Agent judiciaire de l’État devant le tribunal judiciaire de Guéret. Par jugement du 14 mai 2024, le tribunal avait condamné le FGAO à indemniser les dommages corporels à concurrence de moitié, estimant une vitesse excessive de la victime, mis hors de cause l’Agent judiciaire de l’État, et ordonné une expertise médicale. Le FGAO a interjeté appel. La Cour d’appel de Limoges, par arrêt du 30 octobre 2025, a infirmé le jugement, estimant que la preuve de l’implication d’un animal sauvage n’était pas rapportée (absence de témoin oculaire, photographie de qualité médiocre, moto non placée sous scellé et réparée). La Cour a également confirmé la mise hors de cause de l’État, jugeant que l’absence de placement sous scellé ne constituait pas une faute lourde. Les consorts ont été déboutés de l’ensemble de leurs demandes.

Cour d’appel – Limoges – Chambre Civile – 30 octobre 2025 – 24/00480

RÉSUMÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE

Le 18 décembre 2016, [A] [L], âgé de 31 ans, circulait avec son véhicule assuré auprès de la GMF sur la D 906 entre [Localité 13] et [Localité 15] lorsqu’il a percuté un sanglier. Il a alors perdu le contrôle de son véhicule et s’est encastré dans un arbre. Transporté à l’Hôpital d’Instructions des Armées de [Localité 14] avec un pronostic vital engagé, il est décédé le [Date décès 2] 2016 des suites de ses blessures. L’expertise judiciaire de M. [P] a établi que le véhicule roulait à environ 110 km/h sur une route limitée à 90 km/h. [A] [L] était marié depuis 2016 avec Mme [I] [N] et père de trois enfants en bas âge : [J] (née en 2011), [R] (né en 2013) et [O] (née en 2015). Il percevait un revenu annuel de 35 732 euros tandis que son épouse percevait 21 201 euros. Après le décès, les revenus de l’épouse ont chuté à 13 455 euros, baisse considérée comme conséquence directe du décès. La GMF avait versé une provision de 30 000 euros en juillet 2017, puis avait successivement envisagé une prise en charge à 50% avant de refuser toute garantie en septembre 2020, au motif que le décès était dû à la collision avec un animal sauvage et non à une faute du conducteur. Le FGAO avait indemnisé les ayants droit au titre du seul préjudice d’affection. Les consorts [N] [L] ont assigné la GMF en novembre 2020 pour obtenir l’indemnisation de leur préjudice économique et des frais d’obsèques au titre de la garantie du conducteur. La GMF a appelé le FGAO en intervention forcée. Le tribunal a retenu la responsabilité partielle du conducteur du fait de l’excès de vitesse, rendant applicable la garantie contractuelle sans limitation.

Tribunal judiciaire – Nanterre – 6ème Chambre – 28 mars 2025 – 20/08906

 

RÉSUMÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE

Le 12 août 2014, M. [B] [G], né le [Date naissance 2] 1992, circulait à bord de sa motocyclette de marque Kawasaki sur la route départementale 907 à [Localité 8], avec M. [Z] [H] comme passager arrière. Après avoir franchi une intersection, il a perdu le contrôle de son véhicule, est monté sur le trottoir et a chuté. Selon M. [G] et les témoins présents (M. [H] et M. [D]), l’accident aurait été causé par un animal (chat sauvage ou animal errant) qui a traversé la chaussée, obligeant le conducteur à effectuer une manœuvre d’évitement. M. [G] a souffert de deux fractures au niveau du fémur gauche et du poignet droit, d’un déchaussage complet cutané du 3ème doigt de la main droite, de plaies multiples aux faces antérieures et postérieures de la jambe droite et au niveau du menton, nécessitant une intervention chirurgicale. M. [G] a déclaré son sinistre auprès de son assureur Eurodommages le 4 juin 2016. Par ordonnance du 1er juin 2017, une expertise médicale judiciaire avait été ordonnée dans le cadre du litige avec son assureur. Par jugement du 11 septembre 2019, le tribunal de grande instance de Digne-les-Bains a condamné son assureur à lui verser 1 584,50 euros au titre de la garantie conducteur. Parallèlement, M. [G] a saisi le FGAO le 12 avril 2017, lequel a refusé d’intervenir. M. [G] a alors assigné le FGAO en référé pour obtenir une expertise médicale. Le juge des référés de Digne-les-Bains a dit n’y avoir lieu à référé le 3 décembre 2020. M. [G] a interjeté appel le 9 novembre 2021. La cour d’appel d’Aix-en-Provence, par arrêt du 17 novembre 2022, a infirmé l’ordonnance et ordonné une expertise médicale judiciaire, estimant que l’action au fond envisagée par M. [G] contre le FGAO n’était pas manifestement vouée à l’échec.

Cour d’appel – Aix-En-Provence – Chambre 1-2 – 17 novembre 2022 21/15798

Quel est le rôle de la vitesse dans ces dossiers ?

La vitesse du conducteur peut faire basculer l’issue du dossier. La Cour de cassation a jugé qu’un conducteur ayant heurté un sanglier avant de dévier sa trajectoire et de percuter un véhicule arrivant en sens inverse ne pouvait pas invoquer la force majeure dès lors que sa vitesse excessive était elle-même constitutive d’une faute en lien direct avec l’accident (Cass. crim., 25 septembre 2001, n° 01-80.100, publié au Bulletin).

Autrement dit, la seule apparition soudaine d’un animal ne suffit pas à exonérer totalement un conducteur : si sa vitesse était inadaptée aux circonstances (zone boisée, visibilité réduite, nuit), cet élément peut être retenu contre lui.

À l’inverse, lorsque la vitesse était appropriée, ce point doit être solidement établi – relevés, témoins, configuration des lieux – pour faire échec à toute contestation infondée de l’assureur ou du FGAO.

le cabinet benezra avocats, spécialisé en droit du dommage corporel pratique la matière depuis plus de 20 ans

D’ EXPERTISE

Le Cabinet BENEZRA ne traite pas « occasionnellement » des accidents de la route.

 

C’est notre cœur de métier depuis plus de 20 ans avec des millions d’euros obtenus pour nos clients victimes.

La commune peut-elle être tenue responsable de la présence de l’animal sur la route ?

Dans de rares cas, oui, mais la barre est fixée haut. Selon la jurisprudence administrative, la responsabilité de la collectivité gestionnaire de la voirie ne peut être engagée que si l’accident résulte d’un défaut d’entretien normal de la voie, par exemple l’absence de signalisation  » traversée de gibier  » dans un secteur pourtant connu pour être accidentogène (Conseil d’État, 30 juillet 2003, n° 238015).

À l’inverse, la traversée soudaine d’un animal sauvage constitue en principe un événement imprévisible qui exonère l’administration, sauf lorsqu’un danger était déjà connu ou signalé (Conseil d’État, 27 octobre 2006, n° 283256).

Ce volet du dossier, souvent laissé de côté par les victimes elles-mêmes, mérite d’être systématiquement examiné.

Voir notre article sur le sujet passé sur TF1 ?

Notre résultat : l’histoire de Maria

indemnisation d'une victime d'un accident avec un animal sauvage

 » Merci, merci, merci « 

– c’est par ces mots que Maria a accueilli, chaque année depuis, le souvenir de ce dossier qu’elle ne croyait plus pouvoir gagner.

Maria a eu un accident de la route seule, alors qu’elle tentait d’éviter un animal.

Hospitalisée et soignée pour ses blessures corporelles, elle s’est heurtée à un double refus : celui de sa propre assurance, et celui du FGAO, qui n’a pas cru à sa version des faits faute de tiers pour la corroborer.

Plusieurs cabinets spécialisés en réparation du dommage corporel, sollicités par Maria, ont refusé son dossier, jugeant le risque d’échec trop élevé pour un mode de rémunération qui repose largement sur le résultat obtenu.

Notre cabinet a accepté cette mission difficile et a porté l’affaire devant le juge.

À l’issue de la procédure, Maria a obtenu une indemnisation de 115 000 euros pour l’ensemble de ses préjudices corporels.

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FAQ – collision avec un animal sauvage

Combien de temps ai-je pour saisir le FGAO après un accident avec un animal sauvage ?2026-09-02T15:47:13+02:00

Réponse:

Trois ans à compter de l’accident, l’animal n’ayant par définition pas de propriétaire identifié.

Consulter la fiche  : le FGAO 

Le FGAO peut-il refuser mon dossier faute de témoin de l’accident avec l’animal ?2026-09-02T15:45:30+02:00

Réponse:

Il peut le contester, mais un refus n’est jamais définitif : un dossier de preuves solide (traces, procès-verbal, configuration des lieux) et, si nécessaire, une action devant le tribunal judiciaire permettent souvent de renverser cette position.

Consulter la fiche  : le FGAO 

Puis-je être indemnisé si je n’ai pas percuté l’animal mais seulement fait une sortie de route pour l’éviter ?2026-09-02T15:42:52+02:00

Réponse:

Oui, à condition de démontrer que la manœuvre d’évitement est bien à l’origine directe de l’accident, notamment grâce aux preuves recueillies sur place et à l’intervention des forces de l’ordre.

Consulter la fiche  : le FGAO 

Votre prochain pas, et il n’y en a qu’un

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Accident avec un animal sauvage : le FGAO indemnise-t-il ?
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Accident avec un animal sauvage : le FGAO indemnise-t-il ?
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115 000 euros obtenus pour Maria après un double refus (assurance et FGAO). Checklist de preuves et conditions d'indemnisation FGAO.
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BENEZRA AVOCATS - DROIT DU DOMMAGE CORPOREL
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