Après une double amputation, comment le kinésithérapeute, l’ergothérapeute et le psychomotricien aident-ils à remarcher ?
En bref : remarcher après l’amputation des deux jambes ne dépend pas d’un seul professionnel, mais d’un travail mené à trois : le kinésithérapeute rééduque le corps et prépare la marche avec prothèse, l’ergothérapeute adapte le logement et évite que la peur de tomber ne pousse la victime à abandonner sa prothèse pour un fauteuil roulant, et le psychomotricien aide à reconstruire un schéma corporel bouleversé par l’amputation et les douleurs fantômes.
Fred a perdu ses deux jambes dans un accident de la route. Les premières semaines, ce n’est pas la douleur physique qui a le plus pesé, mais un réflexe simple à comprendre : le fauteuil roulant ne tombe pas. La prothèse, elle, demande de faire confiance à des jambes qui ne sont plus tout à fait les siennes. Entre les deux, Fred a d’abord choisi la sécurité. Trois professionnels ont alors travaillé, chacun à leur manière, à faire reculer cette peur suffisamment pour qu’il retente sa chance debout.
Pourquoi la peur de tomber pousse-t-elle certaines victimes à abandonner leur prothèse ?
Parce qu’un fauteuil roulant rassure tout de suite, là où une prothèse ne rassure qu’avec le temps.
C’est le rôle de l’ergothérapeute d’empêcher que ce réflexe de sécurité ne devienne un renoncement définitif.
Pour Fred, ce travail a commencé bien avant son retour chez lui : visite de l’appartement, seuils de porte repérés, salle de bains pensée pour ne plus jamais devenir un obstacle. Chaque risque de chute écarté à l’avance était une raison de moins de préférer le fauteuil à la prothèse.
« Je ne voulais pas qu’il tombe le premier soir et qu’il ne remette plus jamais les prothèses », résume, dans l’esprit de cette prise en charge, l’équipe qui l’a accompagné.
Comment le corps réapprend-il à marcher avec une prothèse ?
En reconstruisant, séance après séance, ce qui allait autrefois de soi. Le kinésithérapeute s’était fixé un objectif simple à énoncer et long à tenir : refaire marcher Fred.
Les premières semaines, entre les barres parallèles, chaque pas ressemblait à une négociation entre le corps et l’appareillage. Fred est tombé, s’est relevé, a recommencé – jusqu’à ce que le geste cesse d’être une performance pour redevenir un réflexe.
« Je ne suis pas tombé une fois. Je suis tombé je ne sais combien de fois, avant d’y croire », aurait-il pu dire de cette période : c’est tout l’enjeu d’une rééducation qui se gagne en dizaines de petites victoires avant la première vraie.

D’ EXPERTISE
Le Cabinet BENEZRA ne traite pas « occasionnellement » des accidents de la route.
C’est notre cœur de métier depuis plus de 20 ans avec des millions d’euros obtenus pour nos clients victimes.
Pourquoi le corps met-il du temps à accepter l’absence des jambes ?
Parce que le cerveau continue, un temps, de fonctionner comme si les jambes étaient toujours là.
Chez Fred, cette désorganisation du schéma corporel, associée aux douleurs fantômes, rendait difficile la confiance dans un membre artificiel quand le corps signalait encore la présence d’un membre absent.
C’est le rôle du psychomotricien d’accompagner ce réajustement, en travaillant le lien entre le vécu physique et le vécu psychologique. Ce n’est pas un hasard si c’est souvent après ce travail-là, plus discret que la rééducation physique, que la prothèse a cessé d’être un objet étranger pour redevenir, tout simplement, une jambe.
Nous détaillons le mécanisme neurologique de ce phénomène dans notre article sur le membre fantôme et la réorganisation corticale.
Pourquoi ce travail à trois professionnels compte-t-il pour l’indemnisation ?
Parce qu’un parcours de rééducation documenté par ces trois intervenants est ce qui permet, ensuite, de faire reconnaître l’ensemble des préjudices devant l’assureur – de l’aménagement du logement au retentissement psychologique, en passant par l’appareillage lui-même. Rien de ce que Fred a traversé n’aurait compté pour son indemnisation si personne ne l’avait consigné.
Nous détaillons page par page quel professionnel documente quel poste de préjudice dans notre article sur l’équipe médicale pluridisciplinaire.
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« Le temps est l’ennemi des victimes, surtout lorsqu’elles sont en situation de détresse financière. »
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L’histoire de Fred illustre ce que nous constatons dans la plupart des dossiers d’amputation lourde : la réussite de la rééducation et la qualité de l’indemnisation avancent ensemble, rarement l’une sans l’autre. Notre cabinet peut vous aider à mobiliser les bons professionnels dès les premières semaines et à faire reconnaître l’ensemble de vos préjudices.
Le prénom Fred est utilisé avec l’accord du cabinet ; le récit constitue une reconstitution pédagogique du parcours de rééducation, destinée à illustrer le rôle de chaque professionnel.
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