Bilan situationnel de l’ergothérapeute : comment révéler vos besoins réels après un accident ?
En bref : Après un accident grave, savoir accomplir un geste une fois ne signifie pas pouvoir vivre seul toute une journée.
Une victime peut réussir à s’habiller devant un expert, mais y consacrer une heure, s’épuiser ou se mettre en danger. Elle peut préparer un repas simple, mais être incapable de gérer les courses, les imprévus et le rangement. Elle peut marcher quelques mètres, sans pouvoir accompagner ses enfants ou reprendre son travail.
Le bilan situationnel de l’ergothérapeute sert précisément à révéler cet écart entre une capacité théorique et la vie réelle.
Pour l’avocat de la victime, ce bilan constitue un instrument essentiel : il permet de convertir des difficultés quotidiennes en besoins humains, techniques et financiers susceptibles d’être présentés lors de l’expertise et dans la demande d’indemnisation.
L’enjeu n’est pas de savoir uniquement ce que la victime peut encore faire. Il faut déterminer comment elle le fait, pendant combien de temps, avec quels risques et au prix de quelle fatigue.
Qu’est-ce qu’un bilan situationnel en ergothérapie ?
Le bilan situationnel est une évaluation concrète de l’autonomie de la victime dans son environnement et ses activités habituelles.
L’ergothérapeute ne se limite pas à examiner une fonction physique.
Il observe ensuite les difficultés rencontrées et propose des solutions de compensation : aide humaine, aides techniques, aménagement du logement, adaptation du véhicule ou organisation différente des activités.
Pourquoi l’expertise médicale classique peut-elle être insuffisante ?
L’expertise médicale classique peut être insuffisante parce qu’elle se déroule généralement dans un cabinet, pendant une durée limitée et hors du cadre de vie réel.
Un examen médical permet d’identifier les lésions, les séquelles et certaines limitations fonctionnelles.
Le médecin expert et l’ergothérapeute ont donc des rôles complémentaires. Le premier apprécie principalement l’état médical et les séquelles. Le second observe leur retentissement dans les activités et l’environnement de la victime.
Le médecin expert et l’ergothérapeute ont donc des rôles complémentaires. Le premier apprécie principalement l’état médical et les séquelles. Le second observe leur retentissement dans les activités et l’environnement de la victime.
| Examen médical classique | Bilan situationnel de l’ergothérapeute |
|---|---|
| Se déroule généralement dans un cabinet médical | Se déroule dans l’environnement réel de la victime |
| Identifie les lésions et les séquelles médicales | Observe leurs conséquences dans la vie quotidienne |
| Mesure une capacité à un instant donné | Évalue la répétition, la lenteur et la fatigabilité |
| Constate qu’un geste reste techniquement possible | Vérifie s’il peut être réalisé seul, durablement et sans danger |
| Examine principalement les capacités de la victime | Étudie aussi le logement, les équipements et l’aide des proches |
| Apprécie médicalement les séquelles | Propose des aides humaines, techniques et environnementales |
Source : Benezra.fr

D’ EXPERTISE
Le Cabinet BENEZRA ne traite pas « occasionnellement » des accidents de la route.
C’est notre cœur de métier depuis plus de 20 ans avec des millions d’euros obtenus pour nos clients victimes.
L’ergothérapeute intervient-il seulement en cas de handicap très lourd ?
Non. Un bilan situationnel peut être utile dès qu’une séquelle limite concrètement l’autonomie, même si la victime marche et paraît indépendante.
L’intervention est souvent pertinente en présence :
d’une paraplégie ou d’une tétraplégie ;
d’une amputation ;
d’une atteinte du plexus brachial ;
d’un traumatisme crânien ;
de séquelles neurologiques ;
de troubles cognitifs ou comportementaux ;
de douleurs chroniques ;
d’une fatigabilité importante ;
d’une limitation d’un membre ;
de troubles visuels ou sensoriels ;
de difficultés à reprendre une activité professionnelle ;
d’une perte d’autonomie temporaire ou permanente.
Le handicap invisible doit faire l’objet d’une attention particulière. Une personne cérébrolésée peut physiquement exécuter une tâche, mais oublier de la commencer, perdre le fil, répéter les mêmes gestes ou se mettre en danger.

Comment se déroule le bilan situationnel au domicile ?
Le bilan situationnel se déroule généralement en plusieurs étapes afin de comprendre la situation globale de la victime.
Quelles activités l’ergothérapeute observe ?
| Domaine observé | Situations concrètes | Difficultés recherchées |
|---|---|---|
| Hygiène | Douche, toilette et utilisation des WC | Risque de chute, transfert, lenteur et douleur |
| Repas | Courses, préparation, service et rangement | Port de charges, fatigue, mémoire et sécurité |
| Déplacements | Domicile, rue, transports et véhicule | Obstacles, endurance, transferts et orientation |
| Parentalité | Porter, surveiller ou accompagner un enfant | Sécurité, disponibilité physique et fatigabilité |
| Organisation | Médicaments, rendez-vous, courrier et comptes | Mémoire, compréhension et planification |
| Travail | Trajet, poste, rythme, gestes et consignes | Concentration, posture, répétition et fatigabilité |
Source : Benezra.fr
Quels besoins d’aide humaine le bilan peut-il révéler ?
Le bilan peut révéler un besoin d’aide humaine même lorsque la victime conserve certaines capacités physiques.
Cette aide peut prendre plusieurs formes :
- l’aide active, lorsque la tierce personne accomplit tout ou partie d’un geste ;
- l’aide de stimulation, lorsque la victime doit être incitée à commencer ou poursuivre une activité ;
- l’aide de surveillance, lorsqu’un risque impose la présence d’un tiers ;
- l’aide de sécurisation, notamment en cas de chute, de désorientation ou de comportement dangereux ;
- la présence disponible, lorsque le tiers doit pouvoir intervenir sans assister constamment la victime ;
- l’accompagnement extérieur, pour les déplacements, les courses ou les rendez-vous.
Il faut également étudier les besoins nocturnes, les jours sans activité professionnelle et les périodes pendant lesquelles l’aidant familial est indisponible.
L’aide spontanément apportée par un conjoint ou un parent ne fait pas disparaître le besoin. Elle peut, au contraire, démontrer que la victime ne peut plus accomplir seule certaines activités.
| Forme d’aide | À quoi sert-elle ? | Exemple concret |
|---|---|---|
| Aide active | Accomplir tout ou partie d’une tâche | Aider la victime à se laver ou à s’habiller |
| Stimulation | Inciter la victime à commencer ou poursuivre une activité | Rappeler de manger, se laver ou prendre un traitement |
| Surveillance | Prévenir une mise en danger | Sécuriser la cuisine ou prévenir une désorientation |
| Présence disponible | Pouvoir intervenir rapidement sans aide permanente | Rester à proximité en cas de chute ou de crise |
| Accompagnement | Permettre une activité extérieure | Courses, rendez-vous, transports ou loisirs |
| Aide nocturne | Répondre aux besoins pendant la nuit | Repositionnement, toilettes ou surveillance |
Source : Benezra.fr

CAS TRAITÉS
Ce sont des dizaine de milliers de cas traités par le cabinet Benezra avocats, constituant alors une expérience sans équivalence, au service de la victime de la route et de sa famille.
Comment évaluer la tierce personne sans sous-estimer les besoins ?
L’évaluation doit porter sur une journée complète et tenir compte de la répétition des actes.
Une victime peut effectuer un transfert ou préparer un repas lors de la visite, sans pouvoir répéter cet effort plusieurs fois par jour. L’analyse doit donc intégrer :
- la durée réelle des tâches ;
- leur fréquence ;
- la lenteur d’exécution ;
- la douleur provoquée ;
- la fatigue accumulée ;
- les temps d’attente de l’aidant ;
- les risques encourus ;
- les jours favorables et défavorables ;
- l’évolution prévisible des besoins.
Réduire l’aide humaine aux seuls gestes essentiels d’hygiène et d’alimentation peut conduire à ignorer une grande partie de la perte d’autonomie.
Le bilan doit-il partir du logement actuel de la victime ?
Non. Le projet de vie de la victime ne doit pas être limité par un logement devenu inadapté après l’accident.
L’ergothérapeute doit rechercher la solution qui répond durablement aux besoins de la personne.
Selon la situation, il peut étudier : l’adaptation du logement existant ; son extension ; la création d’une chambre ou d’une salle d’eau accessible ; l’installation d’un ascenseur ou d’une plateforme ; la domotisation de certains équipements ; un déménagement ; l’acquisition d’un logement plus adapté ; l’organisation d’un espace pour la tierce personne ; les besoins futurs liés à l’évolution familiale.
L’objectif n’est pas de choisir automatiquement la solution la moins coûteuse. Il faut rechercher une solution cohérente avec la sécurité, l’autonomie, la dignité et le projet de vie de la victime.
Quels aménagements du véhicule peuvent être étudiés ?
L’ergothérapeute peut étudier les adaptations nécessaires pour permettre à la victime de conduire ou d’être transportée dans des conditions adaptées.
Son analyse peut concerner : les commandes de conduite ; le transfert vers le siège ; le chargement d’un fauteuil roulant ; l’accès par rampe ou plateforme ; la hauteur et le volume du véhicule ; les systèmes d’arrimage ; la place d’un accompagnant ; les besoins de renouvellement du véhicule ; les surcoûts liés au handicap.
Le permis de conduire, l’avis médical et les essais auprès de professionnels compétents doivent être pris en compte lorsque la victime souhaite reprendre la conduite.
Pourquoi faut-il distinguer le bilan thérapeutique du bilan médico-légal ?
Le bilan thérapeutique cherche principalement à favoriser la rééducation et l’autonomie, tandis que le bilan médico-légal doit aussi documenter les conséquences indemnisables de l’accident.
Ces deux démarches peuvent se compléter, mais elles ne répondent pas exactement aux mêmes questions.
Dans un dossier d’indemnisation, l’ergothérapeute doit notamment pouvoir :
- décrire précisément les limitations ;
- distinguer les capacités théoriques des performances réelles ;
- relier les besoins aux séquelles de l’accident ;
- expliquer la fréquence et la durée des aides ;
- anticiper les besoins futurs ;
- répondre aux discussions de l’assureur ou de l’expert ;
- présenter des préconisations suffisamment précises pour être chiffrées.
Il est donc utile de choisir un professionnel connaissant les particularités de l’expertise en dommage corporel.
L’ergothérapeute de l’assureur défend-il la victime ?
Non. Un professionnel mandaté par l’assureur intervient dans le cadre de la mission qui lui a été confiée ; il n’est pas le conseil personnel de la victime.
Ses constatations doivent pouvoir être discutées. La victime doit notamment rester attentive : à la durée de la visite ; aux activités effectivement observées ; aux informations transmises ; aux besoins écartés ; aux solutions techniques retenues ; à la prise en compte de la fatigue ; au rôle quotidien des proches ; aux besoins futurs.
Lorsque les enjeux sont importants, un bilan réalisé pour la victime peut apporter une analyse différente et permettre une discussion contradictoire.
Quel est le rôle de l’avocat dans le bilan situationnel ?
L’avocat veille à ce que le bilan réponde aux véritables questions de l’indemnisation et ne soit pas réduit à une description superficielle du logement.
Il peut notamment :
- identifier l’utilité d’une évaluation ergothérapique ;
- choisir, avec la victime, un ergothérapeute connaissant le dommage corporel ;
- réunir les documents nécessaires ;
- préciser les difficultés qui doivent être étudiées ;
- replacer les observations dans le parcours de vie de la victime ;
- demander que les besoins temporaires et permanents soient distingués ;
- organiser la discussion avec le médecin-conseil ;
- produire le rapport pendant l’expertise ;
- formuler des observations en cas d’omission ;
- obtenir les devis nécessaires ;
- traduire les préconisations en demandes chiffrées ;
- contester une évaluation insuffisante.
L’avocat ne dicte pas les conclusions techniques de l’ergothérapeute. Il s’assure que la mission couvre toutes les conséquences susceptibles d’influencer l’indemnisation.

Comment transformer la difficulté en indemnisation ?
| Difficulté vécue | Constat de l’ergothérapeute | Besoin identifié | Traduction dans le dossier |
|---|---|---|---|
| Douche dangereuse | Transfert difficile et risque de chute | Douche adaptée et assistance | Logement adapté et tierce personne |
| Repas impossible à préparer seul | Douleur, fatigue ou troubles cognitifs | Assistance et matériel adapté | Tierce personne et aides techniques |
| Fauteuil bloqué par les portes | Circulation intérieure impossible | Élargissement et réorganisation | Frais de logement adapté |
| Rendez-vous régulièrement oubliés | Troubles de mémoire et de planification | Stimulation et supervision | Besoin en aide humaine |
| Difficultés avec les enfants | Fatigue, limitation motrice ou danger | Aide dans les activités parentales | Tierce personne et conséquences familiales |
| Journée de travail impossible | Fatigabilité et perte d’endurance | Adaptation ou réduction de l’activité | Pertes de gains et incidence professionnelle |
Source : Benezra.fr
Comment le cabinet accompagne-t-il la victime ?
Le cabinet coordonne l’approche juridique, médicale et situationnelle afin que les besoins réels de la victime soient présentés et chiffrés.
Son intervention peut comprendre : l’analyse du dossier ; la préparation de l’expertise ; le choix des professionnels assistant la victime ; la définition des questions à examiner ; l’étude critique des rapports ; la demande de provisions ; le chiffrage des préjudices ; la négociation avec l’assureur ; la saisine du juge lorsqu’une offre ne permet pas une réparation satisfaisante.
Chaque dossier exige une stratégie particulière. Le bilan situationnel n’est pas automatique, mais il peut devenir déterminant lorsque l’autonomie ou le projet de vie sont en cause.
Dans cette vidéo, Maître Benezra explique aux victimes l’importance des bilans à réaliser.
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